Cendreのブログ -7ページ目
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⊰⊰Le Roi Grenouille ⊱⊱

Il était une fois une belle Princesse écervelée. Le Roi, son père,

dont elle était l'unique enfant, lui donnait tout ce qu'elle pouvait

désirer. Son jouet préféré était une balle dorée qu'elle emportait

partout, la lançant et la rattrapant sans cesse.

Un jour, se promenant au fond du parc du château, elle arriva près

d'un vieux puits. Elle s'assit sur la margelle, tout en jouant avec sa

balle. Hélas ! La jolie balle dorée lui échappa et tomba tout au fond

du puits. La Princesse sanglotait, penchée sur le bord du puits

quand une voix froide et mouillée lui dit :

- Si je vais chercher ta balle dorée au fond du puits, promets-tu

..de me laisser manger à ta table, de me laisser dormir dans ton lit,

..et voudras-tu m'embrasser si je te le demande ?

La Princesse se redressa et regarda autour d'elle. Il n'y avait per-

sonne ! Elle entendit de nouveau la voix. Cette fois, elle reconnut

qu'elle venait du puits.

En regardant mieux, elle vit qu'une grenouille lui tenait ce discours.

La Princesse était si troublée qu'elle ne trouva pas étrange qu'une

grenouille lui parle. Aussi lui répondit-elle :

- Grenouille, je te promets ce que tu veux si tu rapportes ma balle

..dorée.

La grenouille plongea et ramena la balle dorée de la Princesse.

En rentrant au palais la Princesse avait, naturellement, oublié toutes

les promesses faites à la grenouille. Mais, pendant le dîner, un bruit

étrange se fit entendre à la porte de la salle à manger.

Les valets ouvrirent et une grenouille verte, en trois bonds, vint se

percher sur les genoux de la Princesse !

Le Roi, furieux qu'un tel animal vint troubler la majesté de son re-

pas, exigea des explications auprès de sa fille consternée.

La Princesse finit par lui avouer qu'elle avait promis à la grenouille

qu'elle pourrait manger à la table du Roi. Elle se garda, cependant,

de parler des autres promesses.

- On doit toujours tenir ses promesses, dit le Roi. N'oublie jamais

..cela, mon enfant !

A ces mots, la grenouille commença à manger dans l'assiette de la

Princesse. La Princesse ne dit mot, mais elle détestait cette pré-

sence humide.

Vint le moment d'aller au lit. La Princesse entra dans sa chambre,

très anxieuse de ce qu'elle allait y trouver. Elle renvoya ses servan-

tes et tira elle-même les rideaux de son baldaquin.

La grenouille était installée sur son oreiller !

La répugnance et le dégoût de la Princesse étaient si visibles

que la grenouille lui rappela :

- Le Roi, ton père, a dit que tu devais tenir tes promesses.

La Princesse se glissa alors à contrecoeur sous les couvertures.

Mais à peine était-elle couchée que la grenouille, se rapprochant

de son visage lui dit :

- J'ai mangé à ta table, j'ai dormi dans ton lit. Lors, embrasse-moi.

La Princesse ne voulait ni rompre son serment, ni embrasser la

grenouille. Elle fit ce que font toutes les dames en difficulté : elle

ferma les yeux, pensa à autre chose et effleura de ses lèvres la

peau froide et mouillée de la grenouille. Aussitôt, un beau jeune

homme se dressa, à la place de la vilaine grenouille.

- Belle Princesse, merci. Vous m'avez délivré du mauvais sort

..qu'une sorcière m'avait jeté il y a cent ans. Je suis le Prince d'un

..pays voisin et je vous aime. Epousez-moi !

Le Roi fut enchanté de l'histoire. Il donna la main de sa fille au

Prince et on célébra les noces pendant un mois. Le Prince et la

Princesse furent heureux longtemps et eurent beaucoup d'enfants



⊰⊰Dame Trude ⊱⊱

Il était une fois une petite fille extrêmement têtue et impru-

dente qui n'écoutait pas ses parents et qui n'obéissait pas

quand ils lui avaient dit quelque chose. Pensez-vous que

ça pouvait bien tourner ? Un jour, la fillette dit à ses parents :

- J'ai tellement entendu parler de Dame Trude que je veux

..aller chez elle. Il paraît que c'est fantastique et qu'il y a

..tant de choses étranges dans sa maison, alors la curio-

..sité me démange.

Les parents le lui défendirent rigoureusement et prévinrent :

- Écoute, Dame Trude est une mauvaise femme qui pra-

..tique toutes sortes de choses méchantes et impies. Si

..tu y vas, tu ne seras plus notre enfant !

La fillette se moqua de la défense de ses parents et alla

quand même là-bas. Arrivée chez Dame Trude, la vieille lui

demanda : " Pourquoi es-tu si pâle ? "

- Oh ! dit-elle en tremblant de tout son corps, c'est que j'ai

..eu si peur de ce que j'ai vu !

- Et qu'est-ce que tu as vu ? demanda la vieille.

- J'ai vu sur votre seuil un homme noir, dit la fillette.

- C'était un charbonnier, dit la vieille.

- Après, j'ai vu un homme vert, dit la fillette.

- Un chasseur dans son uniforme, dit la vieille.

- Après, j'ai vu un homme tout rouge de sang.

- C'était un boucher, dit la vieille.

- Ah ! Dame Trude, dans mon épouvante, j'ai regardé par

..la fenêtre chez vous, mais je ne vous ai pas vue. J'ai vu

..le diable en personne avec une tête de feu.

- Oh ! Oh ! dit la vieille, ainsi tu as vu la sorcière dans toute

..sa splendeur ! Et cela, je l'attendais et je le désirais de toi

..depuis longtemps ! Maintenant tu vas me réjouir.

Elle transforma la fillette en une grosse bûche qu'elle jeta

au feu, et quand la bûche fut bien prise, en train de flamber,

Dame Trude s'assit et s'y chauffa délicieusement en disant :

- Le bon feu, comme il flambe bien clair, pour une fois !

⊰⊰Baba Yaga ⊱⊱

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille qui n'a-

vait plus de maman. Son père, qui était déjà assez vieux, se remaria,

mais il ne sut pas bien choisir. Sa nouvelle femme était méchante, c'était une marâtre. Elle détestait la petite fille et la traitait mal.

- Comment faire pour me débarrasser de cette enfant ? songeait

..la marâtre.

Un jour que son mari s'était rendu au marché vendre du blé, elle dit

à la petite fille :

- Va chez ma soeur, ta gentille tante et demande-lui une aiguille et

..du fil pour te coudre une chemise.

La petite fille mit son joli fichu rouge et partit.

En route, comme elle était maligne, elle se dit :

- J'irai d'abord demander conseil à ma vraie gentille tante, la soeur

..de ma vraie maman.

Sa tante la reçut avec bonté.

- Tante, dit la petite fille, la nouvelle femme de papa m'a envoyée

..chez sa soeur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre

..une chemise. Mais d'abord, je suis venue te demander, à toi, un



..bon conseil.

- Tu as eu raison. La soeur de ta marâtre n'est autre que Baba-Yaga,

..la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a chez Baba-Yaga un bou-

..leau qui voudra te fouetter les yeux avec ses branches, noue un ru-

..ban autour deson tronc. Tu verras une grosse barrière qui grince et

..qui voudra se refermer toute seule, mets de l'huile sur ses gonds.

..Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras

..un chat qui te crèverait les yeux, donne-lui un bout de jambon.

- Merci bien, ma tante, répondit la petite fille.

Elle marcha longtemps puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga.

Baba-Yaga était en train de tisser.

- Bonjour ma tante.

- Bonjour, ma nièce.

- Ma mère m'envoie te demander une aiguille et du fil pour qu'elle me

..couse une chemise.

- Bon, je m'en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien

..blanc. En attendant assieds-toi à ma place et tisse.

La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente.

Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour :

- Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Je veux la manger

..au dîner.

La petite fille trembla de peur. Elle vit la servante entrer et apporter

des bûches et des fagots et de pleins seaux d'eau. Alors elle fit un

grand effort pour prendre une voix aimable et gaie et elle dit à la

servante :

- Eh ! ma bonne, fends moins de bois et pour apporter l'eau, sers-toi

..plutôt d'une passoire !

Et elle donna son joli fichu rouge à la servante.

La petite fille regardait autour d'elle de tous les côtés. Le feu com-

mençait à flamber dans la cheminée. Il avait beau être un feu d'ogres-

se, sa flamme était vive et claire. Et l'eau commençait à chanter dans

le chaudron, et bien que ce fût une eau d'ogresse, elle chantait une

jolie chanson.

Mais Baba-Yaga s'impatientait. De la cour, elle demanda :

- Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?

- Je tisse, ma tante, je tisse.

Sans faire de bruit, la petite fille se lève, va à la porte...

Mais le chat est là, maigre, noir, effrayant ! De ses yeux verts il regar-

de les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sort ses griffes pour les

lui crever. Mais elle lui donne un morceau de jambon cru et lui de-

mande doucement :

- Dis-moi, je t'en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ?



Le chat mange d'abord tout le morceau de jambon, puis il lisse ses

moustaches et répond :

- Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te

..poursuivre en courant. Colle l'oreille contre la terre. Si tu l'entends

..approcher, jette la serviette, et tu verras ! Si elle te poursuit toujours,

..colle encore l'oreille contre la terre, et quand tu l'entendras sur la

..route, jette le peigne et tu verras !

La petite fille remercia le chat, prit la serviette et le peigne et s'enfuit.



Mais à peine hors de la maison, elle vit deux chiens encore plus mai-

gres que le chat, tout prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre

et ils ne lui firent aucun mal.

Ensuite, c'est la grosse barrière qui grinça et qui voulut se refermer

pour l'empêcher de sortir de l'enclos. Mais comme sa tante le lui

avait dit, ellelui versa toute une burette d'huile sur les gonds et la

barrière s'ouvrit largement pour la laisser passer.



Sur le chemin, le bouleau siffla et s'agita pour lui fouetter les yeux.

Mais elle noua un ruban rouge à son tronc, et voilà que le bouleau la

salua et lui montra le chemin. Elle courut, elle courut, elle courut.

Pendant ce temps, le chat s'était mis à tisser.

De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois :

- Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ?

- Je tisse, ma vieille tante, je tisse, répondit le chat d'une grosse voix.



Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille !

Elle rossa le chat et cria :

- Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ?

- Eh ! dit le chat, voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne

..m'as jamais donné le plus petit os, tandis qu'elle m'a donné du

..jambon !

Baba-Yaga rossa les chiens.

- Eh ! dirent les chiens, voilà longtemps que nous sommes à ton ser-

vice, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu'elle

nous a donné du pain tendre !

Baba-Yaga secoua la barrière.

- Eh ! dit la barrière, voilà longtemps que je suis à ton service et tu

..ne m'as jamais mis une seule goutte d'huile sur les gonds, tandis

..qu'elle m'en a versé une pleine burette !

Baba-Yaga s'en prit au bouleau.

- Eh ! dit le bouleau, voilà longtemps que je suis à ton service, et tu

..ne m'as jamais décoré d'un fil, tandis qu'elle m'a paré d'un beau

..ruban de soie !

- Et moi, dit la servante, à qui pourtant on ne demandait rien, et moi,

..depuis le temps que je suis à ton service, je n'ai jamais reçu de toi

..ne serait-ce qu'une loque, tandis qu'elle m'a fait cadeau d'un joli

..fichu rouge !

Baba-Yaga siffla son mortier qui arriva ventre à terre et elle sauta de-

dans. Jouant du pilon et effaçant ses traces avec son balai, elle s'é-

lança à la poursuite de la petite fille à travers la campagne.

La petite fille colle son oreille contre la terre : elle entend que Baba-

Yaga approche. Alors elle jette la serviette, et voilà que la serviette

se transforme en une large rivière !

Baba-Yaga fut bien obligée de s'arrêter. Elle grince des dents, roule

des yeux jaunes, court à sa maison, fait sortir ses trois boeufs de

l'étable et les amène près de la rivière. Et les boeufs boivent toute

l'eau jusqu'à la dernière goutte.

Alors Baba-Yaga reprend sa poursuite.



La petite fille est loin. Elle colle l'oreille contre la terre. Elle entend

le pilon sur la route. Elle jette le peigne...

Et voilà que le peigne se change en une forêt touffue ! Baba-Yaga

essaie d'y entrer, de scier les arbres avec ses dents. Impossible !



La petite fille écoute : plus rien. Elle n'entend que le vent qui souffle

entre les sapins verts et noirs de la forêt.

Pourtant elle continua de courir très vite parce qu'il commençait à

faire nuit, et elle pensait : " Mon papa doit me croire perdue. "

Le vieux paysan, de retour du marché, avait demandé à sa femme :

- Où est la petite ?

- Qui le sait ! répondit la marâtre. Voilà des heures que je l'ai envoyée

..faire une commission chez sa tante.



Enfin, la petite fille, les joues plus roses que jamais d'avoir couru,

arriva chez son père. Il lui demanda :

- D'où viens-tu, ma petite ?

- Ah ! dit-elle, petit père, ma mère m'a envoyée chez ma tante cher-

..cher une aiguille et du fil pour me coudre une chemise, mais ma

..tante, figure-toi que c'est Baba-Yaga, la cruelle ogresse !

Et elle raconta toute son histoire. Le vieil homme était très en colère.



Il roua de coups la marâtre et la chassa de sa maison en lui ordon-

nant de ne plus jamais revenir.

Depuis ce temps, la petite fille et son père vivent en paix. Je suis pas-

sée dans leur village, ils m'ont invitée à leur table, le repas était très

bon et tout le monde était content.

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