⊰⊰Socrates et les trois passoires⊱⊱
Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit:
- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?
- Un instant répondit Socrate. Avant que tu me racontes,
j'aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires.
- Les trois passoires?
Mais oui, reprit Socrate, avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des trois passoires.
La première passoire est celle de la vérité.
- As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?
- Non. J'en ai simplement entendu parler.
- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.
Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième
passoire, celle de la bonté.
- Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque
chose de bon?
- Ah non! Au contraire.
- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si elles sont vraies.
Tu peux peut-être encore passer le test car il reste une passoire, celle de l'utilité.
- Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait?
- Non. Pas vraiment.
Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter
n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire?
⊰⊰Les Apparences⊱⊱
Deux anges s’arrêtèrent pour passer la nuit dans la maison d’une famille aisée. Celle-ci était méchante et refusa que les anges demeurent dans la chambre d’amis de la maison. À la place, ils laissèrent les anges dormir dans une petite pièce située dans le sous-sol froid.
Pendant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur, le plus âgé des anges aperçut un trou dans le mur et le répara.
Quand le plus jeune des anges demanda "Pourquoi?"
Le plus âgé des anges répliqua: "Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent".
La nuit suivante, les deux anges arrivèrent pour se reposer dans une maison où les gens étaient vraiment pauvres mais où le fermier et sa femme étaient très hospitaliers. Après avoir partagé le peu de nourriture qu’ils avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil.
Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges trouvèrent le fermier et sa femme en larme. Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction, gisait morte sur le sol.
Le plus jeune des anges était furieux et demanda au plus âgé des anges comment il avait pu laisser faire cela? "La première famille avait tout et tu l’as aidée en réparant un trou dans leur mur au sous-sol" accusa l’ange. "La deuxième famille avait peu, mais était disposée à tout partager et tu as laissé sa vache mourir".
"Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent" répliqua le plus âgé des anges.
"Quand nous sommes restés dans le sous-sol de la maison de la première famille, je me suis aperçu qu’il y avait de l’or rangé dans le trou du mur au sous-sol. Étant donné que le propriétaire était tellement rempli de haine et qu’il ne voulait pas partager sa fortune, j’ai bouché le trou afin qu’il ne retrouve plus cet or. Et, la nuit dernière, lorsque nous étions endormis dans la chambre du fermier, l’ange de la mort venait chercher la femme du fermier. J’ai négocié avec lui et je lui ai donné l’unique vache du fermier à la place. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent".
Quelques fois, c’est exactement ce qui arrive lorsque les choses ne tournent pas de la façon dont on voudrait qu’elles tournent. Si vous avez la foi, vous n’avez qu’à croire que chaque mauvaise tournure des choses est à votre avantage. Il se peut que vous ne vous en rendiez pas compte au début, jusqu’au jour où vous vous apercevrez qu’elles étaient effectivement à votre avantage.
⊰⊰Le Porteur d'Eau⊱⊱
Un porteur d'eau en Inde avait deux gros pots, chacun suspendu à l'extrémité d'une perche qu'il portait sur son épaule.
Tous les jours le porteur faisait le même chemin pour aller chercher de l'eau. Un des pots était craqué et laissait fuir la moitié de son contenu alors que l'autre était parfait et ne perdait pas une goutte tout au long du sentier menant à la maison.
Pendant deux ans le livreur fit le même chemin tous les jours pour apporter de l'eau dans la maison de son maître. Naturellement, le bon pot était fier de l'eau qu'il apportait jusqu'à la maison sans perdre une goutte. Mais le pot craqué était honteux et misérable de ne pouvoir accomplir que la moitié de ce pour quoi il avait été fabriqué.
Après deux années de ce qu'il percevait comme une déception, il parla au porteur d'eau sur le chemin du retour:
- J'ai honte de moi et je désire m'excuser.
- Pourquoi? demanda le porteur d'eau. De quoi as-tu honte?
- Je n'ai pu durant les deux dernières années livrer que la moitié de l'eau, à cause de ma fissure sur le côté, en perdant l'eau tout au long du sentier. À cause de mon défaut vous avez à faire tout ce travail et je ne vous donne pas la pleine valeur pour vos efforts.
- Mais non. Mais non... Puisque nous retournons à la maison de mon maître, je veux te montrer les belles fleurs le long du sentier.
En effet, pendant qu'ils montaient la côte, le vieux pot fêlé remarqua que le soleil réchauffait les très belles fleurs sauvages sur le bord du sentier et cela le consola. Mais, à la fin du sentier, il se sentait encore mal parce qu'il avait perdu la moitié de son eau et s'excusa à nouveau auprès du porteur d'eau pour sa fêlure.
Le porteur dit au pot:
- As-tu remarqué qu'il y a des fleurs seulement sur ton côté et non pas sur le côté de l'autre pot? C'est parce que j'ai toujours connu ton défaut et j'en ai pris avantage. J'ai semé des graines de fleurs sur le coté du sentier et chaque jour, au retour de la source, tu les arroses. Depuis deux ans j'ai pu cueillir ces fleurs pour décorer la table de mon maître. Sans toi, tel que tu es, il n'aurait pas ces beautés pour agrémenter sa maison.
Moralité:
Chacun de nous avons nos propres défauts. Nous sommes tous fêlés. Ce sont nos fêlures et nos défauts qui rendent nos vies intéressantes et valant la peine d'être vécues. Il suffit d'apprécier chaque personne pour ce qu'elle est et de regarder le bon coté de chacun. Il y a beaucoup de bon en chacun de nous.