Cendreのブログ -5ページ目

⊰⊰Les Fees⊱⊱

Il était une fois une veuve qui avait deux filles.

L'aînée lui ressemblait si fort, et d'humeur et de visage, que

qui la voyait, voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désa-

gréables et si orgueilleuses, qu'on ne pouvait vivre avec elles.

La *cadette, qui était le vrai portrait de son père pour la douceur

et l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût

su voir.

Comme on aime naturellement son semblable, cette mère

était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une *aver-

sion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la

cuisine et travailler sans cesse.

Il fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât,

deux fois le jour, puiser de l'eau à une grande *demi-lieue du

logis, et qu'elle en rapportât une pleine cruche.

Un jour qu'elle était à la fontaine, il vint à elle une pauvre

femme qui la pria de lui donner à boire.

- Oui-da, ma bonne mère, dit cette belle fille.

Et, rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l'eau au plus bel

endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la

cruche, afin qu'elle bût plus aisément.

La bonne femme, ayant bu, lui dit :

-Vous êtes si belle, et si bonne et si honnête, que je ne peux

..m'empêcher de vous faire un don (car c'était une fée qui avait

..pris la forme d'une pauvre femme de village, pour voir jusqu'où

..irait l'honnêteté de cette jeune fille). Je vous donne pour don,

..poursuivit la fée, qu'à chaque parole que vous direz il vous

..sortira de la bouche ou une fleur, ou une pierre précieuse.

Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de

revenir si tard de la fontaine. " Je vous demande pardon, ma

mère, d'avoir tardé si longtemps." dit cette pauvre fille.

Et, en disant ces mots, il sortit de sa bouche deux roses, deux

perles, et deux gros diamants.

- Que vois-je là ? dit sa mère tout étonnée. Je crois qu'il lui

..sort de la bouche des perles et des diamants ! D'où vient cela,

..ma fille ?

Ce fut la première fois qu'elle l'appela sa fille. La pauvre enfant

lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter

une infinité de diamants.

- Vraiment, dit la mère, il faut que j'y envoie ma fille aînée ! Tenez,

..Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand

..elle parle. Ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ?

..Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand

..une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner

..bien honnêtement.

- Il me ferait beau voir aller à la fontaine ! répondit la brutale.

- Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout de suite.

Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau

flacon d'argent qui fût dans le logis. Elle ne fut pas plutôt arrivée

à la fontaine, qu'elle vit sortir du bois une dame magnifiquement

vêtue, qui vint lui demander à boire.

C'était la même fée qui avait apparu à sa soeur, mais qui

avait pris l'air et les habits d'une princesse, pour voir jusqu'où

irait la malhonnêteté de cette fille.

- Est-ce que je suis venue pour vous donner à boire ? lui dit cette

..brutale orgueilleuse. Justement, j'ai apporté un flacon d'argent

..tout exprès pour donner à boire à Madame ! J'en suis d'avis :

..buvez à même la fontaine, si vous voulez.

- Vous n'êtes guère honnête, reprit la fée sans se mettre en colère.

..Eh bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour

..don, qu'à chaque parole que vous direz, il sortira de votre bouche

..ou un serpent ou un crapaud.

D'abord que sa mère l'aperçut, elle lui cria : Eh bien, ma fille ?

- Eh bien, ma mère ? lui répondit la brutale en jetant deux vipères

..et deux crapauds.

- Oh ciel ! s'écria la mère, que vois-je là ? C'est sa soeur qui en

..est la cause. Elle me le payera !

Et aussitôt, elle courut pour la battre.

La pauvre enfant s'enfuit, et alla se sauver dans la forêt pro-

chaine. Le fils du roi, qui revenait de la chasse, la rencontra, et,

la voyant si belle, lui demanda ce qu'elle faisait là toute seule, et

ce qu'elle avait à pleurer.

- Hélas ! Monsieur, c'est ma mère qui m'a chassée du logis.

Le fils du roi qui vit sortir de sa bouche cinq ou six perles et

autant de diamants, la pria de lui dire d'où cela lui venait. Elle lui

raconta toute son aventure. Le fils du roi en devint amoureux et,

considérant qu'un tel don valait mieux que tout ce qu'on pouvait

donner en mariage à une autre, l'emmena au palais du roi son

père, où il l'épousa.

Pour sa soeur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa

de chez elle. La malheureuse après avoir bien couru sans trouver

personne qui voulût la recevoir, alla mourir au coin d'un bois. les Fées conte illustré de Charles Perrault



⊰⊰Jean-de-trop⊱⊱

Il y a bien longtemps dans la belle région du Languedoc Roussillon vivaient un homme, sa femme ainsi que leurs quatre enfants.


Le père de famille avait beau travailler dur aux champs. Il n'arrivait
pas à gagner assez d'argent pour nourrir toute sa famille, mais tout ce
petit monde arrivait tout de même à survivre tant bien que mal avec le
peu de choses qu'ils avaient, jusqu'au jour où le destin se mit à leur
jouer un tour en leur donnant un cinquième enfant. Ils l'acceptèrent
avec joie même s'ils ne savaient pas comment ils allaient pouvoir
remédier au nombre de bouches à nourrir.


Ils décidèrent donc de l'appeler Jean-de-trop et se mirent en quête d'un parrain et d'une marraine.





Seulement tout le monde dans leur entourage connaissait leur pauvreté
et personne, que ce soit famille ou amis, ne voulut prendre la place de
parrain ou de marraine pour le petit Jean-de-trop car ils savaient tous
que dans le cas où il arriverait un malheur à la famille la garde du
petit dernier leur incomberait.





Le couple ne savait pas comment faire pour remédier à ce problème, car
c'en était un : étant très pieux, ils ne pouvaient envisager que Jean
ne puisse être baptisé. Ils en discutaient donc un soir devant le
souper lorsqu'un mendiant vient frapper à leur porte pour demander
l'hospitalité pour la nuit.


Ils lui ouvrirent. Malgré leur grande pauvreté, ils lui firent partager
leur repas et c'est tout naturellement qu'ils se mirent à lui parler de
leur malheur. L'inconnu se proposa pour le rôle de parrain et leur dis
de ne s'occuper de rien pour le baptême, qu'il allait s'occuper de tout
et même de trouver une marraine.





Le jour du baptême arriva alors, et les parents avaient invité leurs
amis et leur famille tout en se demandant comment allait faire le
mendiant pour nourrir tous les invités.


Tout le monde était réuni devant l'église quand arrivèrent des
charriots contenants assez de victuailles pour nourrir tout le village
et à leur suite un magnifique carrosse d'où descendit le parrain
somptueusement vêtu ainsi que la marraine qui n'était autre que la mort
habillée de sa longue cape noire.


A cette vision tous les invités prirent peur et rentrèrent chez eux.
Seuls restèrent les parents du petit Jean, qui étaient tout de même
aussi effrayés que leurs convives.





Afin de les rassurer, le parrain et la marraine leur dirent que la mort
était un très bon choix et qu'ils ne pourraient espérer meilleure
marraine que celle-ci. Elle saurait gâter son filleul ainsi que sa
famille :c'est ainsi que comme cadeau de baptême elle leur offrit à
tous de vivre jusqu'à l'âge de 200 ans et cela sans connaître aucune
maladie.





Quand Jean-de-trop eut l'âge de 18 ans, sa marraine lui rendit visite
et lui annonça qu'il était temps pour lui de choisir un métier
honorable et respecté afin d'avoir une bonne place dans la société.


Cela dit, elle choisit pour lui le métier de médecin, et quand Jean
objecta qu'il n'y connaissait rien à la médecine et aux bistouris, la
mort lui répondit qu'elle s'en moquait bien et qu'elle seule pouvait
savoir si une personne pouvait vivre ou mourir.


Elle lui expliqua ensuite que lorsqu'il ira rendre visite à un malade, elle apparaîtrait et il serait le seul à la voir ;


si elle apparaissait aux pieds du malade, c'est qu'il vivrait et Jean
n'aura plus qu'à donner quelques gouttes d'une potion dont elle a le
secret et dire à son patient qu'il guérira.


Par contre, si elle apparaissait à la tête du malade, c'est qu'il
allait bientôt mourir, et Jean devait dans ce cas déclarer qu'il ne
pouvait malheureusement plus rien faire pour le sauver.





Jean-de-trop acquiesça et trouva l'idée très bonne. Si ses débuts
furent difficile, sa renommé dépassa vite les portes du royaume et un
roi dont la fille était très souffrante en eut connaissance par ses
valets. Tous les médecins du souverain avaient prédit que sa fille
allait mourir très bientôt :c'est pourquoi il se décida à faire quérir
le jeune docteur par un messager.


Jean, voyant sa marraine au pied de la princesse demanda au roi la
permission d'épouser sa fille s'il parvenait à la guérir. Le roi
accepta le marché, car il préférait voir sa fille mariée à Jean plutôt
que de la voir morte. C'est ainsi que la jeune princesse guérit et
devint l'épouse de Jean-de-trop.





L'histoire pourrait naturellement s'arrêter là avec une jolie phrase du
style : " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants... ", mais
ce n'est pas le cas. En effet ils auraient pu, mais pas de suite car
Jean savait très bien qu'il était à l'abri des maladies et de la mort
jusqu'à ses 200 ans, ce qui n'était pas le cas de sa femme.


Il pria donc sa marraine d'accorder ce même don à son épouse, mais la mort refusa.


Ne sachant comment la convaincre il lui proposa un défi, celui de se
rendre assez petite pour arriver à pénétrer dans la gourde qu'il tenait
entre les mains. La mort accepta et une fois pénétrée dans la gourde
Jean la referma et dit à sa marraine qu'il ne la libèrerait que
lorsqu'elle aurait décidé d'accorder une vie de 200 ans à la princesse.





Au bout d'une semaine, alors que plus personne ne mourrait la mort
décida d'accorder son souhait à son filleul et lui offrit ce qu'il
demandait.





Et c'est maintenant que l'on peut dire que les deux amants vécurent très très vieux et très heureux...


⊰⊰Fanch et les Korrigans⊱⊱

Dans les temps ancestraux, quand la mer
était encore retirée bien loin de Vannes, d'Arradon et du Morbihan, il
y avait un village près de Vannes.





Dans ce village, il y avait un champ sur lequel personne ne cultivait
de légumes ni de fruit. On disait que c'était le champ des Korrigans.





[Parenthèse : en breton, Kor veut dire "nain". Rig et un diminutif, et Gan est encore un diminutif. Voyez les Korrigans comme des petits lutins hauts comme trois pommes...]





Dans ce village il y avait un villageois, Fanch, qui ne croyait en rien
ni personne. Il vivait avec sa femme et son fils, et chaque jour,
passant devant le champ des Korrigans, il se demandait pourquoi
personne ne le cultivait.





Alors un jour, il en eut marre. Il rentra dans le champ, et entreprit
de le défricher. Lorsqu'il eut arraché la première mauvaise herbe, une
voix sortit du sol, lui disant :





"T'es qui ?




  • Moi ? Ben... Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Ben... Je défriche.


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Ben... euh... Personne.


  • Bah attends ! On va t'aider!!"







Cent korrigans sortirent alors du sol, et aidèrent Fanch à défricher le
champ. Le soir venu, le champs était dénué de la moindre mauvaise herbe.





Fanch rentra content chez lui. Il raconta l'histoire à sa femme, qui le sermonna :





"Mais es-tu fou! Veux-tu attirer le malheur sur notre famille ?




  • Bah pourquoi ? Ils sont bien sympas, les korrigans !"







Il se coucha, perplexe.





Le lendemain, il revint au champ, et entreprit de retirer les cailloux
de la terre. A peine eut-il retiré la première pierre, qu'une voix
surgit du sol :





"T'es qui toi ?




  • Ben... Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Ben... J'enlève les cailloux.


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Ben... euh... Personne...


  • Bah attends!! On va t'aider !"







Deux cents korrigans surgirent des entrailles de la Terre. Le soir,
plus un cailloux n'était là : ils étaient tous empilés à côté du champ.





Il rentra chez lui, mais cette fois-ci, il ne raconta rien à sa femme.





Le lendemain, il vint labourer la terre. A la première motte retournée, une voix lui dit :





"T'es qui toi ?




  • Ben... Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Ben... je laboure.


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Ben... euh... Personne...


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Quatre cents korrigans vinrent alors retourner la terre à mains nues. Le soirs, la terre était prête pour recevoir la semence.





Le lendemain, Fanch vint avec quatre gros sacs de grains de blé. Lorsqu'il jeta la première graine, la voix revint :





"T'es qui toi ?




  • Ben... Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Ben... Je sème.


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • C'est plus pratique de semer le blé si on veut qu'il pousse...


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Huit cents korrigans vinrent piocher des graines dans le sac, et les semèrent.





Content de lui, Fanch, revenu au logis, dit a son fils : "chaque jour,
tu iras voir comment évolue le blé au champ des korrigans!"





Il advint qu'un jour, alors que le blé était vert, bientôt mûr, le fils
de Fanch prit un épi de blé pour en mâchouiller les graines (essayez,
ça donnera la même sensation que de mâcher du chewing gum, et c'est bon
!). Un voix venu des la terre lui dit :





"T'es qui toi?




  • Ben... Je suis le fils de Fanch.


  • Et tu fais quoi?


  • Ben... Je mâchouille du blé.


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Ben... euh... Personne...


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Mille six cents korrigans vinrent alors arracher les grain de blé aux
épis, et mâchouillèrent le blé ! En quelques heures, il ne resta plus
un seul grain de blé récoltable.


Lorsque Fanch rejoignit son fils aux champs, il vit le désastre, et
flanqua une gifle à son fils. Une voix de dessous terre lui dit :





"T'es qui toi ?




  • Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Je claque mon fils!


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Depuis quand un père a-t-il besoin d'une permission pour gifler son gamin ?


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Trois mille deux cents korrigans vinrent alors donner des claques au
fils de Fanch. Je ne sait pas si vous le savez, mais un korrigan, ça
frappe très, très fort. Lorsque les korrigan se battaient entre eux,
ils se jetaient des pierres à la figure. On peut encore voir le
résultat d'une de leurs batailles près de Carnac, en Bretagne.





Lorsque les korrigans retournérent sous terre, le fils de Fanch était
évanoui, en sang, K.O, hors service, bref... Pas besoin de vous faire
un dessin. Et que fait un homme désemparé quand il a un problème qu'il
ne peut résoudre?


Il va voir sa femme.





Lorsqu'il ammena sa femme sur le champ des korrigan, elle entra dans
une rage incontrôlable, criait contre Fanch, s'arrachait les cheveux.





Lorsque le premier cheveux arraché tomba à terre, une petite voix dit :





"T'es qui toi ?




  • Je suis la femme de Fanch !


  • Et tu fais quoi ?


  • Je m'arrache les cheveux !


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Je suis furieuse !!!


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Six mille quatre cents korrigans sortirent alors de terre, et
arrachèrent les cheveux de la pauvre femme, avant de s'en retourner
sous terre.





Fanch contempla la scène avec tristesse. Un fils K.O, une femme chauve,
plus de blé... Il pleura de chagrin. Lorsque la première larme tomba à
terre, une voix lui dit :





"T'es qui toi ?




  • Ben... Je suis Fanch.


  • Et tu fais quoi ?


  • Je pleure...


  • Et qui t'a donné la permission ?


  • Ben... Mon fils est raplapla, ma femme est chauve... et...


  • Bah attends !! On va t'aider !"







Ce ne fut pas douze mille huit cents korrigans qui vinrent a Fanch,
mais tout le peuple des korrigans. Des millions! Et si vous saviez
comme ça pleure un korrigan... Ils pleurèrent tellement que leurs
larmes envahirent la région de Bretagne sud, jusqu'à la mer. Il ne
resta plus qu'un golfe, qui est, aujourd'hui, le golfe du Morbihan (en
breton : petite mer).