Cendreのブログ -6ページ目

⊰⊰Halewyn ⊱⊱

A une époque lointaine, en Flandres, vivait
le bel Halewyn. C'était un noble seigneur dont la cruauté n'était
égalée que par une chose, la pureté de son chant. Ce dernier était
magnifique, à tel point que quiconque l'entendait ne pouvait s'empêcher
de suspendre ses gestes et de l'écouter, charmé. De nombreuses jeunes
filles quittèrent la demeure de leurs parents pour suivre cette voix,
les petits enfants disparaissaient dans les bois. Tous ceux-là, jamais
on ne les revit.





Le roi de l'époque avait une fille aussi belle que fière. Elle aimait
braver le vent et galoper le long des plages sur son cheval favori,
elle admirait les flammes qu'elle jugeait semblables à elle. Enfant
d'une lignée de guerriers, elle maniait aussi les armes et s'entraînait
avec les hommes. Un jour qu'elle était près de la mer, elle entendit le
chant d'Halewyn, qui pour elle entonnait les chansons les plus belles
et les plus émouvantes. Le cœur chaviré, la princesse se rendit auprès
de son père pour le prier de la laisser partir auprès de l'élu de son
cœur.





Bien entendu, le roi refusa. La jeune fille réitéra sa demande auprès
de chacun des membres de sa famille. Elle parvint finalement à
convaincre son frère de la laisser agir à sa guise.





La princesse se rendit dans sa chambre afin de se préparer. Elle
revêtit un habit somptueux et de riches parures, car elle préparait ses
noces. Puis, elle alla à l'écurie et sella son cheval favori. Enfin,
elle enfourcha sa monture et partit à la rencontre de son bien-aimé.





Au milieu de la forêt, elle le trouva qui l'attendait.





" Te voici, si belle pour moi, princesse ! Ce que j'avais entendu sur
tes charmes n'est que bien inférieur à la vérité. Suis-moi en ma
demeure. "





Ils se mirent en route en devisant joyeusement, et les animaux regardèrent passer ce couple magnifique qui semblait si heureux.





Après avoir parcouru bien des chemins dans la forêt, ils arrivèrent au
domaine du seigneur et descendirent de leurs montures. Il sembla à la
jeune fille apercevoir du coin de l'œil une forme blanche dans les
airs. Levant les yeux, elle vit une femme pendue se balancer doucement
à une branche. Regardant autour d'elle, elle s'aperçut que tous les
arbres du domaine portaient de semblables fruits.





Halewyn se tourna vers elle.





" Vois-tu, ma princesse, je t'aime trop, et je désire ne te partager
jamais avec personne, que la mort. Lorsqu'elle aura fermé tes beaux
yeux, ils ne regarderont jamais un autre homme, et tu seras mienne pour
toujours."





Tremblante, mais ne voulant pas manifester sa frayeur, la jeune fille demanda :





" Je suis fille de roi, la corde n'est pas digne de roi. Une descendante de nobles guerriers ne peut mourir que par l'épée.




  • Il en sera fait selon tes désirs, ma bien-aimée.


  • Bien. Mais cependant, il serait fort dommage que le sang que vous
    allez verser puisse tacher la blanche tunique tissée pour vous par
    votre mère. Retirez-la donc. "







Halewyn fit passer la tunique par-dessus sa tête, mais dans ce
mouvement l'épée qu'il portait à sa ceinture glissa. La princesse s'en
saisit promptement et, d'un mouvement habile, trancha le chef de son
fiancé. La tête roula à terre, mais pouvait encore parler.





" Noble enfant, va dans les champs et sonne de mon cor, que mes amis l'entendent et accourent à mon aide.




  • Non, je n'irai pas et ne sonnerai pas de votre cor, car je suis à
    présent votre épouse et c'est moi seule qui resterai auprès de vous.


  • Si tu ne sonnes pas du cor, va au pied de cet arbre là-bas et
    prends l'onguent qui s'y trouve, puis recolle ma tête sur mon corps.


  • Non, je n'irai pas, je suis à présent votre épouse et je resterai ici avec vous. "







Elle prit la tête et alla la laver à la fontaine, puis l'enveloppa dans
un linge. Elle remonta sur son fidèle cheval qui était restée là, et
repartit joyeusement par la forêt, portant la tête sous son bras. A
l'orée des bois, elle croisa une vieille femme qui leva la tête vers
elle.





" Noble jeune fille, n'auriez-vous pas vu mon fils Halewyn ? je devais le retrouver en ces lieux.




  • Désormais vous ne verrez plus votre fils, vieille femme. Car il est mort, et voici sa tête ! "







Alors la mère du cruel seigneur poussa un cri et tomba au sol, car elle aimait son fils malgré les crimes de celui-ci.





La fille du roi revint en la demeure de ses parents qui, la croyant
perdue, étaient en train de la pleurer. Tous au château la retrouvèrent
avec joie, mais s'étonnèrent qu'elle ait pu échapper à Halewyn, car
elle était la première. Elle ne donna pas d'explication, et son père
ordonna un grand festin. La princesse conserva ses vêtements de noces.





Au repas, elle sortit la tête du linge et la posa devant elle à la
table, sans un mot. Elle évida ensuite la tête du seigneur et plaça à
l'intérieur une bougie. Puis elle mangea aux côtés de son époux, et
tous la regardaient. Ainsi disparut le cruel et bel Halewyn, qui plus
jamais ne chanta pour conduire les jeunes gens à leur perte.








Le nom d'Halewyn est également à l'origine du nom de la ville de " Halluin ", en Flandre française.


⊰⊰La Petite Poule Rousse ⊱⊱

l était une fois une petite poule rousse.

Elle vivait en compagnie d'un cochon, d'un canard et d'un chat dans

une petite maison dont elle faisait toujours soigeusement le ménage.

Les autres ne travaillaient jamais. Ils étaient toujours sur le point de

faire quelque chose, mais... ils étaient bien trop paresseux !

Le cochon aimait se rouler dans la boue, le canard aimait nager dans

la mare et le chat aimait dormir au soleil, en ronronnant.



Un jour, la petite poule rousse trouva un grain de blé.

- Qui va planter ce grain de blé ? demanda-t-elle.

- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.



Alors la petite poule rousse choisit un joli coin de terre, le gratta avec

ses pattes et planta le grain de blé. Pendant l'été, le grain de blé poussa.

Ce fut d'abord un grand épi vert, puis il mûrit au soleil et devint d'une belle

couleur dorée.

- Qui va m'aider à couper le blé ? demanda la petite poule rousse.

- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.

- Très bien, alors je le couperai moi-même ! s'écria la petite poule rousse.

Elle coupa délicatement l'épi dont elle retira les grains un à un.

- Qui va emmener le blé au moulin pour le faire moudre ? demanda-t-elle.

- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.

Alors la petite poule rousse emporta elle-même le blé au moulin et

commanda au meunier de la farine.



Le meunier envoya un petit sac de farine dans la maison où la petite

poule rousse vivait avec le cochon, le canard et le chat.

- Qui va m'aider à faire du pain avec cette farine ? demanda la petite poule.

- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.

- Très bien, concéda la petite poule rousse. Je vais faire le pain moi-même.



Elle transforma la farine en pâte. Elle pétrit cette pâte et la mit au four.

Une bonne odeur de pain chaud se répandit bientôt dans toute la maison et

envahit le jardin.

Le cochon quitta sa flaque de boue, le canard sortit de sa mare et le chat

abandonna sa place au soleil. Ils vinrent tous dans la cuisine.

Quand la petite poule rousse ouvrit le four, la pâte avait gonflé et était

devenue une miche de pain appétissante et croustillante.



- Qui va manger ce pain ? demanda la petite poule rousse.

- Moi ! grommela le cochon.

- Moi ! caqueta le canard.

- Moi ! ronronna le chat.



- Oh, non ! Pas vous ! s'écria la petite poule rousse. J'ai planté le grain,

j'ai coupé le blé, je l'ai porté au moulin pour avoir de la farine et j'ai cuit

le pain. J'ai tout fait toute seule. Eh bien, maintenant, je vais manger

la miche toute seule.



Le cochon, le chat et le canard restèrent là à regarder la petite poule

rousse qui mangea la miche de pain toute seule.



C'était délicieux et elle en profita jusqu'à la dernière miette !



⊰⊰Le bonhomme de pain d'epice ⊱⊱

Une vieille femme était en train de faire du pain d'épice. Comme il

lui restait de la pâte, elle façonna un petit bonhomme. Avec des

raisins secs, elle dessina des yeux, un nez, un grand sourire et

les boutons de son habit. Puis elle le mit à cuire.

Au bout d'un moment, elle entendit tambouriner à la porte du four...



Elle l'ouvrit et, à sa grande surprise, le petit bonhomme de pain

d'épice en sortit d'un bond. Elle voulut l'attraper, mais il lui échappa

en criant :

- Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m'attraperas pas, je

...suis le bonhomme de pain d'épice !

Elle le poursuivit dans le jardin où son mari travaillait. Il posa sa

bêche et voulut aussi le saisir, mais quand le bonhomme de pain

d'épice passa devant lui, il lui lança :

- Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m'attraperas pas, je

...suis le bonhomme de pain d'épice !



En arrivant sur la route, il rencontra une vache. La vache l'appela,

mais le bonhomme de pain d'épice cria par-dessus son épaule :

- J'ai échappé à une vieille femme. J'ai échappé à un vieil homme.

...Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m'attraperas pas, je

...suis le bonhomme de pain d'épice !

La vache se mit à le poursuivre, suivie du vieux et de la vieille.

Le bonhomme de pain d'épice rencontra un cheval.

- Arrête-toi dit le cheval, je voudrais te manger.

Mais le bonhomme de pain d'épice répondit :

- J'ai échappé à une vieille femme. J'ai échappé à un vieil homme.

...J'ai échappé à une vache. Cours, cours, aussi vite que tu peux !

...Tu ne m'attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d'épice !



Il rencontra des paysans qui rentraient du foin. Ils le regardèrent

tous passer. Et le bonhomme de pain d'épice leur cria :

- Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m'attraperas pas,

...je suis le bonhomme de pain d'épice !

Les paysans rejoignirent le cortège, derrière la vieille femme, le

vieil homme, la vache et le cheval.



Puis le bonhomme de pain d'épice rencontra un renard et lui dit :

- Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Tu ne m'attraperas pas,

...je suis le bonhomme de pain d'épice !

Alors, le rusé renard lui répondit :

- Mais je ne veux pas t'attraper !

Après avoir dépassé le renard, le bonhomme de pain d'épice dut

s'arrêter devant une rivière large et profonde.

Le renard vit la vieille femme, le vieil homme, la vache, le cheval

et les paysans qui poursuivaient le bonhomme de pain d'épice,

alors il lui proposa :

- Monte sur mon dos, je te fais traverser la rivière.



Le bonhomme de pain d'épice monta sur le dos du renard qui

commença à nager. Au milieu de la rivière, là où l'eau est profonde,

le renard ordonna :

- Monte sur ma tête, bonhomme de pain d'épice ou tu vas être

...mouillé.

Le bonhomme de pain d'épice se mit debout sur la tête du renard.

Comme le courant était rapide, le renard lui dit :

- Monte plutôt sur mon museau. Je ne veux pas que tu te noies.

Le bonhomme de pain d'épice glissa sur le museau du renard.



Mais quand ils arrivèrent de l'autre côté de la rivière, sains et

saufs, le renard brusquement ouvrit la gueule et, GLOUP ! ...

Il happa le bonhomme de pain d'épice.

On n'en a plus jamais entendu parler depuis...