Si on m’avait dit que ça m’arriverait maintenant, jamais je ne l’aurai cru. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Alors que je fais tout pour que justement ça n’arrive pas, sur quoi je tombe ? Le vol 31.
Elle m’attendait à la gare avec un manteau rouge qui faisait ressortir la clarté de sa peau, et sa douceur. Elle avait l’air ailleurs, loin, très loin. Dans son monde à elle, celui où elle est le mieux. Là où la stupidité du monde n’est pas.
On marchait tous les deux en discutant et en rigolant. J’avais une sensation étrange. Je me sentais à l’aise, mais en même temps j’avais l’impression que je ne devais pas. Je n’osais à peine la regarder. Pourquoi je ne sais pas, mais pourtant je n’osais pas. Ou plutôt je n’y arrivais pas. Oui c’est ça, je n’y arrivais pas. Son aura était bien trop forte pour que j’y arrive.
Venue l’heure du diner. Ca y est, je sens que je peux la regarder. Mais c’est compliqué. Son sourire absorbe toute envie de regarder ses yeux. Ses lèvres qui forment un arc de cercle parfait, sans faille. Elle a un sourire enivrant à en faire perde la tête à tout homme. Allez prend ton courage à deux mains et regarde ses yeux. Ca y est je la regarde. Ca fait mal ! Mais qu’est-ce que c’est ? Sa tête penchée, son sourire toujours présent, mais ses yeux. Ses yeux qui sont là à me regarder. Est-ce bien moi qu’ils regardent ? Je n’en suis pas sur. Quel regard ! Comment peut-elle me regarder moi avec des yeux pareil ? Mais c’est bien moi qu’elle regarde. L’intérieur de mon corps a disparu. Je sens juste mon cœur battre à tout rompre. Il va sortir de ma poitrine, mon Dieu ! Son regard me tue littéralement. Mais je n’arrive pas à le lâcher. Je n’arrive presque pas à parler. Je veux juste la regarder. Mon Dieu, est-ce possible d’être aussi belle ?
On marchait encore. Il faisait nuit, le vent caressait nos corps endoloris par le froid. Paris la nuit, c’est magnifique, pourtant ce n’était pas elle qui régnait sur ce quartier. C’était cette fille. Mais quelle présence ! C’en est presque oppressant. Je suis plutôt grand, pourtant avec elle, je me sens tout petit. Ca y est je l’embrasse. Mon Dieu je l’embrasse ! Je suis à l’aéroport. Ses douces lèvres sont posées sur les miennes. C’est mon imagination c’est sur. Je la regarde. Non ce n’est pas mon imagination, je sens encore sur mes lèvres le goût des siennes. C’est sucré. J’aimerai pouvoir passer ma langue dessus pour sentir d’avantage ce goût, prendre le bateau de ses lèvres, voguer dessus, et me perdre dans cette tempête de saveur. Je prends sa main. Elle glisse ses doigts entre les miens. Je les sens, doux, qui sert doucement les miens. Je vol, je suis dans l’avion du vol 31. Je ne sens plus mon poids. Je ne sens que sa main qui fait de tout mon être un nuage traversé par le vol 31, par sa main. Je ne veux plus lâcher sa main. Mon Dieu que je suis bien. Je veux tenir sa main jusqu’à en mourir, je suis trop bien comme ça pour oser penser laisser là ce bonheur immense. Mais je me sens mal je n’ai pas l’habitude de ressentir ça. Est-ce normal ? Oh, au diable les questions, je veux sa main, je veux continuer à voyager, visiter le mon entier. Je veux son corps, ses yeux dévastateur, son sourire, sa voix, sa philosophie. Je les veux tous. Mon Dieu je la veux !
