Sanma
I found the serie of the kanji of Mr Kazuhiko Yatabe, a good article about Sanma and more... Enjoy!
Si Barack Obama était japonais – hypothèse toute théorique, j’en conviens, l’archipel demeurant à bien des égards prisonnier du mythe de l’homogénéité sociale et ethnique –, il n’aurait pas manqué de fêter son éclatante victoire en savourant un plat de saison bien de chez nous. Un balaou grillé accompagné de radis blanc râpé en guise de condiment, par exemple. Au lecteur qui ne connaîtrait pas ce beau poisson aux reflets bleutés, je ne saurais trop conseiller d’aller voir ou revoir Le Goût du saké, du grand Ozu. Quel rapport, me demanderez-vous ? Il est tout bonnement dans le titre original de ce chef-d’œuvre : Sanma no aji, littéralement, “le goût du poisson-sabre d’automne”. Particulièrement prisé des Japonais, le balaou grillé fait partie de ces mets sans prétention, mais néanmoins succulents, qui égayaient – et il égaie encore, en dépit de son prix qui ne cesse de grimper – la table d’une famille ordinaire ou le repas d’une soirée entre amis dans un bistrot. Là réside, bien entendu, le choix du réalisateur, arpenteur infatigable du quotidien, de l’associer au titre de son film ; le balaou suggère à merveille la joie simple que procure la sociabilité nipponne.
Ce qu’oublie cependant cette sociabilité, c’est le fait qu’elle a longtemps exclu les pêcheurs, confinés à un statut de quasi-hors caste, notamment durant la période d’Edo (1603-1867). Gageons qu’un Obama japonais aurait fait du sanma le symbole tout aussi bien d’une réparation mémorielle que d’une réconciliation. Ou serait-ce aller trop loin dans la rêverie ?
Si Barack Obama était japonais – hypothèse toute théorique, j’en conviens, l’archipel demeurant à bien des égards prisonnier du mythe de l’homogénéité sociale et ethnique –, il n’aurait pas manqué de fêter son éclatante victoire en savourant un plat de saison bien de chez nous. Un balaou grillé accompagné de radis blanc râpé en guise de condiment, par exemple. Au lecteur qui ne connaîtrait pas ce beau poisson aux reflets bleutés, je ne saurais trop conseiller d’aller voir ou revoir Le Goût du saké, du grand Ozu. Quel rapport, me demanderez-vous ? Il est tout bonnement dans le titre original de ce chef-d’œuvre : Sanma no aji, littéralement, “le goût du poisson-sabre d’automne”. Particulièrement prisé des Japonais, le balaou grillé fait partie de ces mets sans prétention, mais néanmoins succulents, qui égayaient – et il égaie encore, en dépit de son prix qui ne cesse de grimper – la table d’une famille ordinaire ou le repas d’une soirée entre amis dans un bistrot. Là réside, bien entendu, le choix du réalisateur, arpenteur infatigable du quotidien, de l’associer au titre de son film ; le balaou suggère à merveille la joie simple que procure la sociabilité nipponne.Ce qu’oublie cependant cette sociabilité, c’est le fait qu’elle a longtemps exclu les pêcheurs, confinés à un statut de quasi-hors caste, notamment durant la période d’Edo (1603-1867). Gageons qu’un Obama japonais aurait fait du sanma le symbole tout aussi bien d’une réparation mémorielle que d’une réconciliation. Ou serait-ce aller trop loin dans la rêverie ?