La revanche du samouraï
Long time we did not write in French. I read a very interesting article in French serious journal "Le monde" and I wanted to share it with you. Well those of you who can read French. If I have time I will translate it to English and eventualy Japanese since it converns the actual situation in the world especially the world financial turmoil! And the love hate relationship between japanese and American financial institutions.
Vos commentaires sone les bienvenus. Voud pouvez lire l'integralite de l'article en cherchant sur le site du "Le Monde". Bonne lecture.
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Perdue au milieu des faillites bancaires en cascade, des nationalisations en rafale, des plans de sauvetage à 700 milliards de dollars ou à 350 milliards d'euros, la nouvelle est forcément passée un peu inaperçue.
La banque japonaise Mitsubishi UFJ a décidé, pour 9 milliards de dollars, de prendre 21 % de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley. Quelques jours plus tôt, Sumitomo Mitsui avait dit son intention d'entrer au capital de Goldman Sachs et Nomura avait racheté les activités de Lehman Brothers en Asie et au Moyen-Orient. Le Japon s'emparant des joyaux de Wall Street, c'est la revanche du samouraï.
Le gouverneur de la Banque du Japon, Yasushi Mieno, mit fin, début 1990, à cette grande fête de la spéculation, à cette super boum au Kabuto-cho en fermant les robinets du crédit. La bulle "Heisei", c'est son nom, creva sous la piqûre des hausses de taux, les actions plongèrent, l'immobilier suivit et les banques japonaises, sous le poids des créances douteuses, finirent par tomber comme des dominos.
Les Japonais ne sont pas rancuniers. Ils se gardent aujourd'hui de rendre la pareille aux Américains et aux Européens, de leur transmettre leur expérience de survivants d'une explosion bancaire. Et pourtant les banques nippones sont à peu près les seules au monde à ne pas avoir goûté au poison des subprimes. En partie parce qu'elles n'avaient pas encore surmonté le traumatisme des années 1990. Leurs erreurs passées, que le pays a mis environ dix ans à payer, très cher - celui de la déflation -, les ont dissuadées de se lancer dans l'aventure mortelle des crédits immobiliers américains à risque.
Le pays présente d'immenses faiblesses : une population vieillissante, des inégalités croissantes, une productivité nulle dans les services, une dette publique record de 180 % du PIB, une Bourse définitivement plombée, revenue au niveau de 1985. Mais surtout de très grandes forces : une société de connaissance et d'innovations, numéro un de la robotique, avec un budget de R & D atteignant 3,3 % du PIB, seulement dépassée par la Suède et la Finlande ; une balance commerciale excédentaire de 262 milliards de dollars mais aussi le réseau de transports publics le plus performant de la planète, sans oublier Toyota, le plus grand constructeur automobile mondial. Après une décennie qu'on a dit perdue et qui ne l'a peut-être pas été autant que ça, le Japon est de retour. Tout le monde s'en fiche. On ne devrait pas. Car c'est au moins la preuve qu'on arrive à se remettre de l'explosion d'une bulle spéculative géante. Un espoir, donc, pour nous les Occidentaux.
Vos commentaires sone les bienvenus. Voud pouvez lire l'integralite de l'article en cherchant sur le site du "Le Monde". Bonne lecture.
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Perdue au milieu des faillites bancaires en cascade, des nationalisations en rafale, des plans de sauvetage à 700 milliards de dollars ou à 350 milliards d'euros, la nouvelle est forcément passée un peu inaperçue.
La banque japonaise Mitsubishi UFJ a décidé, pour 9 milliards de dollars, de prendre 21 % de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley. Quelques jours plus tôt, Sumitomo Mitsui avait dit son intention d'entrer au capital de Goldman Sachs et Nomura avait racheté les activités de Lehman Brothers en Asie et au Moyen-Orient. Le Japon s'emparant des joyaux de Wall Street, c'est la revanche du samouraï.
Le gouverneur de la Banque du Japon, Yasushi Mieno, mit fin, début 1990, à cette grande fête de la spéculation, à cette super boum au Kabuto-cho en fermant les robinets du crédit. La bulle "Heisei", c'est son nom, creva sous la piqûre des hausses de taux, les actions plongèrent, l'immobilier suivit et les banques japonaises, sous le poids des créances douteuses, finirent par tomber comme des dominos.
Les Japonais ne sont pas rancuniers. Ils se gardent aujourd'hui de rendre la pareille aux Américains et aux Européens, de leur transmettre leur expérience de survivants d'une explosion bancaire. Et pourtant les banques nippones sont à peu près les seules au monde à ne pas avoir goûté au poison des subprimes. En partie parce qu'elles n'avaient pas encore surmonté le traumatisme des années 1990. Leurs erreurs passées, que le pays a mis environ dix ans à payer, très cher - celui de la déflation -, les ont dissuadées de se lancer dans l'aventure mortelle des crédits immobiliers américains à risque.
Le pays présente d'immenses faiblesses : une population vieillissante, des inégalités croissantes, une productivité nulle dans les services, une dette publique record de 180 % du PIB, une Bourse définitivement plombée, revenue au niveau de 1985. Mais surtout de très grandes forces : une société de connaissance et d'innovations, numéro un de la robotique, avec un budget de R & D atteignant 3,3 % du PIB, seulement dépassée par la Suède et la Finlande ; une balance commerciale excédentaire de 262 milliards de dollars mais aussi le réseau de transports publics le plus performant de la planète, sans oublier Toyota, le plus grand constructeur automobile mondial. Après une décennie qu'on a dit perdue et qui ne l'a peut-être pas été autant que ça, le Japon est de retour. Tout le monde s'en fiche. On ne devrait pas. Car c'est au moins la preuve qu'on arrive à se remettre de l'explosion d'une bulle spéculative géante. Un espoir, donc, pour nous les Occidentaux.