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LA MORT DE SOPHONIBETite-Live
Tandis que Masinissa entendait ses reproches, son visage non seulement se couvrit de honte mais encore fût mouillé de larmes, et ayant affirmé qu’il allait se soumettre aux ordres du général en chef et lui ayant demandé de pouvoir respecter autant que les circonstances l’autorisaient, l’engagement qu’il avait pris inconsidérément ; en effet disait-il, il avait promis qu’il ne livrerait Sophonibe au pouvoir de personne ; en sortant du prétoire, il rentra sous sa tente en proie à la confusion. Là, sans témoins, poussant de nombreux soupirs et gémissements que l’on pouvait entendre facilement aux abords de la tente, il passa un certain temps. Ayant poussé un immense gémissement, il fait venir un de ses esclaves de confiance qui, comme c’est l’habitude chez les rois, gardait un poison en prévision des revers de fortune, il lui donne l’ordre de mélanger dans une coupe le poison et de l’apporter à Sophonibe. Il lui fait dire dans le même temps que Masinissa aurait volontiers respecté la première partie de son engagement, celle qu’il lui devait, lui son époux à elle, sa femme : puisque ce qui en ont le pouvoir lui enlèvent le choix de cette solution, il respecterait la seconde partie de sa promesse, à savoir l’empêcher de tomber au pouvoir des Romains vivante. Que, se souvenant de son père, le Général, de sa patrie et des deux rois dont elle avait été l’épouse, elle décide de son sort elle-même. Une fois que le serviteur fût allé trouver Sophonibe avec à la fois le message et le poison, elle lui dit : « J’accepte ce cadeau de mariage et non sans gratitude, puisque l’époux n’a pu offrir rien de plus grand à son épouse. Cependant transmet ce message, je serais morte plus volontiers si mon mariage n’avait pas eu lieu le jour de mes funérailles. ». Elle mit autant de détermination à dire ces mots, qu’elle mit d’impassibilité à vider la coupe qu’elle venait de recevoir, ne laissant paraître aucun signe d’agitation.
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ARRIVEE DE SYPHAX AU CAMP ROMAIN Tite-Live
Comme on avait annoncé l’arrivée de Syphax dans le camp, toute la foule se répandit au dehors comme pour assister à un triomphe: lui-même allait en tête, enchaîné et suivi de nobles Numides. Alors chacun amplifiait le plus possible la grandeur de Syphax et la renommée de son peuple augmentait de ce fait sa propre victoire. C’était là ce grand roi dont le prestige avait obtenu un tel crédit auprès des deux puissants peuples de la terre : les Romains et les Carthaginois, que Scipion son général prit la mer en direction de l’Afrique pour obtenir son alliance, après avoir abandonné sa province d’Espagne, et son armée, avec deux navires à cinq rangées de rames, que Hasdrubal, le chef des Carthagnois non seulement vint en personne jusque dans son royaume pour le voir, mais encore il lui donna sa fille en mariage.Il avait eu disaient-ils, deux généraux en chef simultanément en son pouvoir, le Carthaginois et le Romain. De même que les deux parties avaient demandé la paix aux dieux immortels en sacrifiant des victimes, de même on demanda un traité d’amitié à Syphax dans les deux camps avec la même insistance. En outre Syphax avait eu des troupes si nombreuses qu’il poussa Masinissa, après l’avoir chassé de son royaume, à protéger sa vie en faisant croire qu’il était mort, en survivant dans des cachettes comme les bêtes sauvages dans les forêts grâce aux vols. C’est au milieu de ces paroles venues de ceux qui l’entouraient que le roi fût amené jusqu’au Prétoire auprès de Scipion. Même Scipion fut ému non seulement en comparant la situation actuelle de Syphax à sa gloire passée, mais aussi en se souvenant de l’hospitalité qu’il lui avait été accordée par Syphax et de l’amitié et du pacte qu’ils avaient conclu à titre officiel et à titre privé. Les mêmes souvenirs donnèrent aussi du courage à Syphax pour parler avec son vainqueur.
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APPARITION DE SOPHONIBETite-Live
Alors que Masinissa entrait dans le palais, sur le seuil même, Sophonibe, épouse de Syphax et fille d’Hasdrubal le Carthaginois, vint au devant de lui et ayant aperçu Masinissa, au milieu du groupe de ses soldats armés, remarquable non seulement par ses armes, mais aussi par son allure générale. Convaincue qu’il était le roi, ce qui était vrai ; s’étant jetée à ses genoux, elle dit : « Certes les Dieux, par ta valeur, ta chance, t’ont donné un pouvoir absolu sur nous. Mais s’il est permis à une captive d’adresser une parole suppliante au maître de sa vie et de sa mort, s’il est permis de toucher les genoux et la main droite du vainqueur, je te supplie et je t’implore, au nom du prestige royal qui fût le nôtre à nous aussi il y a peu de temps, au nom de l’appartenance au peuple Numide, que tu as partagé avec Syphax, au nom des dieux de ce palais, dont je souhaite qu’ils t’accueillent avec de meilleurs présages que n’en a obtenu Syphax en quittant ces lieux. Je te demande d’accorder à ta suppliante cette faveur : quelque soit ton intention, décide toi-même du sort de ta captive, et ne permet que je ne tombe sous la domination cruelle et orgueilleuse du premier Romain venu. Si je n’avais été rien d’autre que la femme de Syphax, je préférerais quand même mettre à l’épreuve la bonne foi d’un Numide, né comme moi en Afrique, plutôt que celle de quelqu’un appartenant à un autre nation, un étranger : ce qu’il y a à craindre pour un Carthaginois de la part d’un Romain, ce qu’il y a à craindre pour la fille d’Hasdrubal, tu le vois ! Si tu ne peux le faire par aucun autre moyen, délivre moi par la mort du pouvoir arbitraire des Romains, je t’en conjure ! ». Elle était d’une beauté remarquable et dans la fleur de l’âge. Ainsi alors que enlaçant tantôt ses genoux tantôt sa main droite, elle exigeait de lui l’engagement de ne pas la livrer à quelque Romain. Les propos étaient déjà plus proches de la tendresse que des prières, l’âme du vainqueur non seulement se laissa entraîner à la compassion étant donné que le peuple Numide est faible quand il s’agit d’amour, le vainqueur se prit d’amour pour sa prisonnière. Lui ayant tendu la main pour montrer qu’il s’engageait à respecter la demande qu’elle lui faisait, il rentra dans le palais. Ensuite seulement il se mit à réfléchir dans son for intérieur à la manière dont il respecterait l’engagement de sa promesse. Et comme il ne trouvait pas de solution à ce problème, il se laisse dicter par l’amour une décision téméraire et inconsidérée : il ordonne soudain que le mariage soit préparé le jour même, afin de ne laisser aucune marge de décision à Laelius et à Scipion lui-même, comme s’il s’agissait d’une captive qui déjà allait être mariée à Masinissa. Le mariage ayant été célébré, Laelius survint et cacha si peu sa désapprobation envers cet acte qu’il voulait même au début envoyer à Scipion, Sophonibe, arrachée à la couche nuptiale avec Syphax et avec les autres prisonniers. Ensuite Laelius fléché par les prières de Masinissa qui lui demandait la décision d’accorder à l’un des deux rois que la chance d’obtenir la possession de Sophonibe revienne à Scipion, Syphax ayant été envoyé avec les prisonniers récupérer ,avec l’aide de Masinissa, toutes les autres villes de Numidie qui étaient protégés par des garnisons royales.
