Darzac se croitil tenu à garder le silence ! … Imaginez que Larsan, qui
a, lors de ses trois tentatives, tout mis en train pour détourner
lessoupçons sur M. Darzac, ait fixé, justement, ces trois foislà, des
rendezvous à M. Darzac dans un endroit compromettant, rendezvous où il
devait être traité du mystère… M. Darzac se fera plutôt condamner
qued’avouer quoi que ce soit, que d’expliquer quoi que ce soit qui
touche aumystère de Mlle Stangerson. Larsan est assez malin pour avoir
fait encore cette « combinaiselà ! … » Le président, ébranlé, mais
curieux, répartit encore : « Mais quel peut bien être ce mystèrelà ? –
Ah ! m’sieur, j’pourrais pas vous dire ! fit Rouletabille en saluant
leprésident ; seulement, je crois que vous en savez assez maintenant
pouracquitter M. Robert Darzac ! … À moins que Larsan ne revienne !
maisj’crois pas ! » fitil en riant d’un gros rire heureux. Tout le monde
rit avec lui. short ralph lauren femme
« Encore une question, monsieur, fit le président. Nous
comprenons,toujours en admettant votre thèse, que Larsan ait voulu
détourner lessoupçons sur M. Robert Darzac, mais quel intérêt avaitil à
les détourneraussi sur le père Jacques ? … – « L’intérêt du policier ! »
m’sieur ! L’intérêt de se montrer débrouillard en annihilant luimême
ces preuves qu’il avait accumulées.C’est très fort, ça ! C’est un truc
qui lui a souvent servi à détourner lessoupçons qui eussent pu s’arrêter
sur luimême ! Il prouvait l’innocencede l’un, avant d’accuser l’autre.
Songez, monsieur le président, qu’uneaffaire comme cellelà devait avoir
été longuement « mijotée « à l’avancepar Larsan. Je vous dis qu’il avait
tout étudié et qu’il connaissait les êtreset tout. Si vous avez la
curiosité de savoir comment il s’était documenté,vous apprendrez qu’il
s’était fait un moment le commissionnaire entre «le laboratoire de la
Sûreté » et M. short ralph lauren femme pas cher
Stangerson, à qui on demandait des «expériences ». Ainsi, il a pu,
avant le crime, pénétrer deux fois dans lepavillon. Il était grimé de
telle sorte que le père Jacques, depuis, ne l’apas reconnu ; mais il a
trouvé, lui, Larsan, l’occasion de chiper au pèreJacques une vieille
paire de godillots et un béret hors d’usage, que levieux serviteur de M.
Stangerson avait noués dans un mouchoir pour lesporter sans doute à un
de ses amis, charbonnier sur la route d’Épinay !Quand le crime fut
découvert, le père Jacques, reconnaissant les objets àpart lui, n’eut
garde de les reconnaître immédiatement ! Ils étaient tropcompromettants,
et c’est ce qui vous explique son trouble, à cetteépoque, quand nous
lui en parlions. Tout cela est simple comme bonjouret j’ai acculé Larsan
à me l’avouer. Il l’a du reste fait avec plaisir, car, sic’est un
bandit – ce qui ne fait plus, j’ose l’espérer, de doute pour personne –
c’est aussi un artiste ! … C’est sa manière de faire, à cet homme,sa
manière à lui… Il a agi de même lors de l’affaire du « Crédit universel»
et des « Lingots de la Monnaie ! » Des affaires qu’il faudra
réviser,m’sieur le président, car il y a quelques innocents dans les
prisons depuisque BallmeyerLarsan appartient à la Sûreté ! » Chapitre Où
il est prouvé qu’on ne pense pas toujours à toutGros émoi, murmures,
bravos ! Maître HenriRobert déposa des conclusions tendant à ce que
l’affaire fût renvoyée à une autre session poursupplément d’instruction ;
le ministère public luimême s’y associa.L’affaire fut renvoyée. Ralph Lauren pas cher
Le lendemain, M. Robert Darzac était remis en liberté provisoire, et
le père Mathieu bénéficiait « d’un nonlieu » immédiat. On chercha
vainement Frédéric Larsan. La preuve de l’innocenceétait faite. M.
Darzac échappa enfin à l’affreuse calamité qui l’avait, uninstant,
menacé, et il put espérer, après une visite à Mlle Stangerson,
quecelleci recouvrerait un jour, à force de soins assidus, la raison.
Quant à ce gamin de Rouletabille, il fut, naturellement, « l’homme
dujour » ! À sa sortie du palais de Versailles, la foule l’avait porté
entriomphe. Ralph Lauren homme pas cher
Les journaux du monde entier publièrent ses exploits et saphotographie
; et lui, qui avait tant interviewé d’illustres personnages,fut
illustre et interviewé à son tour ! Je dois dire qu’il ne s’en montra
pasplus fier pour ça ! Nous revînmes de Versailles ensemble, après avoir
dîné fort gaiementau « Chien qui fume ». Dans le train, je commençai à
lui poser un tas dequestions qui, pendant le repas, s’étaient pressées
déjà sur mes lèvres etque j’avais tues toutefois parce que je savais que
Rouletabille n’aimaitpas travailler en mangeant. « Mon ami, fisje,
cette affaire de Larsan est tout à fait sublime et dignede votre cerveau
héroïque. » Ici il m’arrêta, m’invitant à parler plus simplement et
prétendant qu’ilne se consolerait jamais de voir qu’une aussi belle
intelligence que lamienne était prête à tomber dans le gouffre hideux de
la stupidité, et celasimplement à cause de l’admiration que j’avais
pour lui… « Je viens au fait, fisje, un peu vexé. Tout ce qui vient de
se passer nem’apprend point du tout ce que vous êtes allé faire en
Amérique. Si jevous ai bien compris : quand vous êtes parti la dernière
fois du Glandier,vous aviez tout deviné de Frédéric Larsan ? … Vous
saviez que Larsan était l’assassin et vous n’ignoriez plus rien de la
façon dont il avait tentéd’assassiner ? – Parfaitement. Et vous, fitil,
en détournant la conversation, vous nevous doutiez de rien ? – De rien !
– C’est incroyable. Ralph Lauren femme pas cher
– Mais, mon ami… vous avez eu bien soin de me dissimuler votre pensée
et je ne vois point comment je l’aurais pénétrée… Quand je suis arrivé
au Glandier avec les revolvers, « à ce moment précis », vous soupçonniez
déjà Larsan ? – Oui ! Je venais de tenir le raisonnement de la «
galerie inexplicable ! »mais le retour de Larsan dans la chambre de Mlle
Stangerson ne m’avaitpas encore été expliqué par la découverte du
binocle de presbyte… Enfin, mon soupçon n’était que mathématique, et
l’idée de Larsan assassinm’apparaissait si formidable que j’étais résolu
à attendre des « traces sensibles » avant d’oser m’y arrêter davantage.
Tout de même cette idée metracassait, et j’avais parfois une façon de
vous parler du policier qui eûtdû vous mettre en éveil. D’abord je ne
mettais plus du tout en avant « sabonne foi » et je ne vous disais plus «
qu’il se trompait ». Je vous entretenais de son système comme d’un
misérable système, et le mépris que j’enmarquais, qui s’adressait dans
votre esprit au policier, s’adressait en réalité, dans le mien, moins au
policier qu’au bandit que je le soupçonnaisd’être !… Rappelezvous…
quand je vous énumérais toutes les preuvesqui s’accumulaient contre M.
Darzac, je vous disais : « Tout cela sembledonner quelque corps à
l’hypothèse du grand Fred. C’est, du reste, cettehypothèse, que je crois
fausse, qui l’égarera… » et j’ajoutais sur un tonqui eût dû vous
stupéfier : « Maintenant, cette hypothèse égaretelleréellement Frédéric
Larsan ? Voilà ! Voilà ! Voilà ! … » Ces « voilà ! » eussent dû vous
donner à réfléchir ; il y avait tout monsoupçon dans ces « Voilà ! » Et
que signifiait : « égaretelle réellement ? »sinon qu’elle pouvait ne pas
l’égarer, lui, mais qu’elle était destinée ànous égarer, nous ! Je vous
regardais à ce moment et vous n’avez pastressailli, vous n’avez pas
compris… J’en ai été enchanté, car, jusqu’à ladécouverte du binocle, je
ne pouvais considérer le crime de Larsan quecomme une absurde hypothèse…
Mais, après la découverte du binoclequi m’expliquait le retour de
Larsan dans la chambre de Mlle Stangerson… voyez ma joie, mes
transports… Oh ! Je me souviens très bien ! Jecourais comme un fou dans
ma chambre et je vous criais : « Je roulerai legrand Fred ! je le
roulerai d’une façon retentissante ! » Ces paroless’adressaient alors au
bandit. Et, le soir même, quand, chargé par M.