134 Page 139 XCIV OU LE LECTEUR RENTRE DANS LA
MAISON DU PALMIER. La nécessité où nous avons été de suivre sans
interruption les événements politiques et militaires à la suite desquels
Naples était tombée au pouvoir des Français, nous a forcé de nous
éloigner de la partie romanesque de notre récit et de laisser de côté
les personnages passifs qui subissaient ces événements, pour nous
occuper, au contraire, des personnages actifs qui les dirigeaient. Que
l'on nous permette donc, maintenant que nous avons donné aux acteurs
épisodiques de cette histoire toute l'importance qu'ils réclamaient, de
revenir aux premiers rôles sur lesquels doit se concentrer tout
l'intérêt de notre drame. Au nombre de ces personnages, pour lesquels on
nous accuse peutêtre, mais à tort, d'oubli, est la pauvre Luisa
SanFelice, qu'au contraire nous n'avons pas perdue de vue un seul
instant. Restée évanouie entre les bras de son frère de lait Michele,
sur la plage de la Vittoria, tandis que son mari, fidèle à la fois à ses
devoirs envers son prince et à ses promesses envers son ami, rejoignait
le duc de Calabre, au risque de sa vie, et laissait Luisa à Naples, au
risque de son bonheur, Luisa, reportée dans la voiture, avait été
ramenée, au grand étonnement de Giovannina, à la maison du Palmier.
Michele, qui ignorait les causes réelles de cet étonnement auquel le
sourcil froncé et l'oeil presque menaçant de Giovannina donnaient un
caractère tout particulier, raconta les choses comme elles s'étaient
passées. Luisa se mit au lit avec une fièvre ardente. ac longchamp solde
Michele passa la nuit dans la maison, et, comme le lendemain, au point
du jour, l'état de Luisa ne s'était point amélioré, il courut prévenir
le docteur Cirillo. Pendant ce temps, le facteur apporta une lettre à
l'adresse de Luisa. Nina reconnut le timbre de Portici. Elle avait
remarqué, que chaque fois qu'arrivait une lettre pareille à celle
qu'elle tenait entre ses mains, l'émotion de sa maîtresse en la recevant
était grande . puis qu'elle se retirait et s'enfermait dans la chambre
de Salvato, d'où elle ne sortait que les yeux XCIV OU LE LECTEUR RENTRE
DANS LA M... sac longchamp homme
135 Page 140 La SanFelice, Tome V rouges de larmes. Elle comprit donc
que c'était une lettre de Salvato, et, à tout hasard, et sans savoir
encore si elle la lirait ou non, elle la garda, ayant pour excuse de ne
pas l'avoir remise, si la lettre était réclamée, l'état dans lequel se
trouvait Luisa. Cirillo accourut. Il avait cru Luisa partie . mais, au
simple récit de Michele, qui le ramenait, il devina tout. On sait la
tendresse paternelle du bon docteur pour Luisa. Il reconnut chez la
malade tous les symptômes de la fièvre cérébrale, et, sans lui faire une
question qui pût ajouter au trouble moral qu'elle avait éprouvé, il
s'occupa de combattre le mal matériel. sac a epaule longchamp pliage
Trop habile pour se laisser vaincre par une maladie connue quand cette
maladie en était à peine à son début, il la combattit énergiquement,
et, au bout de trois jours, Luisa était, sinon guérie, du moins hors de
danger. Le quatrième jour, elle vit sa porte s'ouvrir, et, à la vue de
la personne qui entra, poussa un cri de joie et tendit ses deux bras
vers elle. Cette personne, c'était son amie de coeur, la duchesse Fusco.
Comme l'avait prédit SanFelice, la reine partie, la duchesse disgraciée
revenait à Naples. En quelques instants, la duchesse fut au courant de
la situation. Depuis trois mois, Luisa avait été forcée de tout enfermer
dans son coeur . depuis quatre jours, son coeur débordait, et, malgré
cette maxime d'un grand moraliste, que les hommes gardent mieux les
secrets des autres, mais que les femmes gardent mieux les leurs, au bout
d'un quart d'heure, Luisa n'avait plus de secrets pour son amie.