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SanFelice, Tome V voyant déjà caracolant sur un beau cheval, dans son
uniforme de colonel, s'était franchement, et avec toute l'ardeur de sa
loyale nature, rallié aux Français, et marchait devant eux en criant de
toute la force de ses poumons . «Vivent les Français . vive le général
Championnet . vive saint Janvier .» Puis, quand les visages lui
paraissaient par trop renfrognés, Salvato lui mettait dans la main une
poignée de carlini, qu'il jetait en l'air, en expliquant à ses
compatriotes la mission que Salvato était chargé d'accomplir et qui
avait généralement cette bienheureuse influence de donner aux
physionomies une expression plus douce et plus bienveillante. En outre,
Salvato, qui était des provinces napolitaines et qui parlait le patois
de Naples comme un homme de PortoBasso, adressait de temps en temps à
ses compatriotes des allocutions qui, corroborées des poignées de
carlins de Michele, avaient aussi leur influence. On parvint ainsi à
l'archevêché . sac longchamp hobo pas cher
les grenadiers s'établirent sous le portique. Michele fit un long
discours pour expliquer leur présence à tous ses compatriotes . il
ajouta que l'officier qui les commandait lui avait sauvé la vie au
moment où il allait être fusillé, et demanda, au nom de l'amitié que
l'on avait pour lui, Michele, qu'il ne fût fait aucune insulte ni à lui,
ni à ses soldats, devenus les protecteurs de saint Janvier. XCII
TROISIÈME JOURNÉE. 127 Page 132 XCIII SAINT JANVIER ET VIRGILE. A peine
Championnet eutil vu disparaître Michele, Salvato et la compagnie
française, au coin de la strada dell'Orticello, qu'il lui vint à
l'esprit une de ces idées que l'on peut appeler une illumination. Il
pensa que le meilleur moyen de rompre les rangs des lazzaroni qui
s'obstinaient à combattre encore, et de faire cesser le pillage
individuel, était de livrer le palais du roi à un pillage général. sac longchamp pliage pas cher
Il s'empressa de communiquer cette idée à quelquesuns des lazzaroni
prisonniers, auxquels on rendit la liberté, à la condition qu'ils
retourneraient vers les leurs et leur feraient part du projet comme
venant d'eux. C'était une manière de s'indemniser euxmêmes de la fatigue
qu'ils avaient prise et du sang qu'ils avaient perdu. La communication
eut tout le succès qu'en attendait le général en chef. Les plus
acharnés, voyant la ville aux trois quarts prise, avaient perdu l'espoir
de vaincre, et trouvaient, par conséquent, plus avantageux de se mettre
à piller que de continuer à combattre. En effet, à peine cette espèce
d'autorisation de piller le château futelle connue des lazzaroni,
auxquels on ne laissa point ignorer qu'elle venait du général français,
que toute cette multitude se débanda, se ruant à travers la rue de
Tolède et à travers la rue des Tribunaux vers le palais royal,
entraînant avec elle les femmes et les enfants, renversant les
sentinelles, brisant les portes et inondant comme un flot les trois
étages du palais. En moins de trois heures, tout fut emporté, jusqu'au
plomb des fenêtres. Pagliuccella, que Michele avait vainement cherché
sur le largo delle Pigne pour lui faire partager sa bonne fortune,
s'était, un des premiers, empressé de se précipiter vers le château et
de le visiter, avec une curiosité qui n'avait pas été sans fruit, de la
cave au grenier, et de la façade qui donne sur l'église SanFerdinand à
celle qui donne sur la Darsena. trousse longchamp pliage
Fra Pacifico, au contraire, voyant tout perdu, avait méprisé
l'indemnité offerte à son courage humilié . et, avec un désintéressement
qui faisait honneur aux anciennes leçons de discipline reçues sur la
frégate de son XCIII SAINT JANVIER ET VIRGILE.128 Page 133 La SanFelice,
Tome V amiral, il avait, pas à pas et à la manière du lion, c'estàdire
en faisant face à l'ennemi, battu en retraite dans son couvent par
l'Infrascata et la salita dei Capuccini . puis, la porte de son couvent
refermée, il avait mis son âne à l'écurie, son bâton dans le bûcher, et
s'était mêlé aux autres frères qui chantaient dans l'église le Dies
irae, dies illa. Eût été bien malin celui qui eût été chercher là et qui
y eût reconnu, sous son froc, un des chefs des lazzaroni qui avaient
combattu pendant trois jours. Nicolino Caracciolo, du haut des remparts
du château SaintElme, avait suivi toutes les phases du combat du 21, du
22 et du 23, et nous avons vu qu'au moment où il avait pu venir en aide
aux Français, il n'avait pas manqué à ses engagements visàvis d'eux. Son
étonnement fut grand lorsqu'il vit, sans que personne songeât à les
poursuivre, les lazzaroni abandonner leurs postes, et, sans quitter
leurs armes, avec les apparences d'une déroute, non point rétrograder
vers le palais royal, mais au contraire se ruer dessus.