フランス語のオペラ『ペレアスとメリザンド』ドビュッシー作曲
オペラは3回くらい、生で見た・聴いたことがある。何を隠そう、そのうち1回はほぼずっと寝ていました(笑)。クラシック音楽にも疎いです。メーテルリンクの戯曲『ペレアスとメリザンド』を基にドビュッシーが作曲したフランス語の同名オペラがあるのだそう。王太子ゴロー、その妃メリザンド、ゴローの異父弟ペレアスの三角関係の物語らしい。第4幕第4場の以下のせりふ、かわいらしくて美しくてドキドキ。MÉLISANDE : Pourquoi dis-tu toujours que tu t’envas ?…PELLÉAS : Je dois te dire ce que tu sais déjà ? – Tune sais pas ce que je vais te dire ?MÉLISANDE : Mais non, mais non ; je ne sais rien…PELLÉAS : Tu ne sais pas pourquoi il faut que jem’éloigne… (Il l’embrasse brusquement.) Je t’aime…MÉLISANDE, à voix basse : Je t’aime aussi…PELLÉAS : Oh ! Qu’as-tu dit, Mélisande !… Je ne l’aipresque pas entendu !… On a brisé la glace avec desfers rougis !… Tu dis cela d’une voix qui vient du boutdu monde !… Je ne t’ai presque pas entendue… Tum’aimes ? – Tu m’aimes aussi ?… Depuis quand m’aimes-tu ?MÉLISANDE : Depuis toujours… Depuis que je t’aivu…PELLÉAS : Oh ! comme tu dis cela !… On dirait queta voix a passé sur la mer du printemps !… je ne l’ai jamaisentendue jusqu’ici… on dirait qu’il a plu sur moncoeur ! Tu dis cela si franchement !… Comme un angequ’on interroge !… Je ne puis pas le croire, Mélisande !… Pourquoi m’aimerais-tu ? – Mais pourquoi m’aimestu? – Est-ce vrai ce que tu dis ? – Tu ne me trompespas ? – Tu ne mens pas un peu, pour me faire sourire ?…MÉLISANDE : Non ; je ne mens jamais ; je ne mensqu’à ton frère…PELLÉAS : Oh ! comme tu dis cela !… Ta voix ! tavoix… Elle est plus fraîche et plus franche que l’eau !…On dirait de l’eau pure sur mes mains… Donne-moi,donne-moi tes mains… Oh ! tes mains sont petites !…Je ne savais pas que tu étais si belle !… Je n’avais jamaisrien vu d’aussi beau, avant toi… J’étais inquiet, jecherchais partout dans la maison… je cherchais partoutdans la campagne… Et je ne trouvais pas la beauté… Etmaintenant je t’ai trouvée !… Je t’ai trouvée !… Je necrois pas qu’il y ait sur la terre une femme plus belle !…Où es-tu ? – Je ne t’entends plus respirer…MÉLISANDE : C’est que je regarde…PELLÉAS : Pourquoi me regardes-tu si gravement ?– Nous sommes déjà dans l’ombre. – Il fait trop noirsous cet arbre. Viens dans le lumière. Nous ne pouvonspas combien nous sommes heureux. Viens, viens ; ilnous reste si peu de temps…MÉLISANDE : Non, non ; restons ici… Je suis plusprès de toi dans l’obscurité…PELLÉAS : Où sont tes yeux ? – Tu ne vas pas mefuir ? – Tu ne songes pas à moi en ce moment.MÉLISANDE : Mais si, mais si, je ne songe qu’à toi…PELLÉAS : Tu regardais ailleurs…MÉLISANDE : Je te voyais ailleurs…PELLÉAS : Tu es distraite… Qu’as-tu donc ? – Tu neme sembles pas heureuse…MÉLISANDE : Si, si ; je suis heureuse, mais je suistriste…PELLÉAS : On est triste, souvent, quand on s’aime…MÉLISANDE : Je pleure toujours lorsque je songe àtoi…PELLÉAS : Moi aussi… moi aussi, Mélisande… Je suistout près de toi ; je pleure de joie et cependant… (Ill’embrasse encore.) – Tu es étrange quand je t’embrasseainsi… Tu es si belle qu’on dirait que tu vasmourir…MÉLISANDE : Toi aussi…PELLÉAS : Voilà, voilà… Nous ne faisons pas ce quenous voulons… Je ne t’aimais pas la première fois queje t’ai vue…MÉLISANDE : Moi non plus… J’avais peur…PELLÉAS : Je ne pouvais pas regarder tes yeux… Jevoulais m’en aller tout de suite… et puis…MÉLISANDE : Moi, je ne voulais pas venir… Je nesais pas encore pourquoi, j’avais peur de venir…PELLÉAS : Il y a tant de choses qu’on ne saura jamais…Nous attendons toujours ; et puis… Quel est cebruit ? – On ferme les portes…MÉLISANDE : Oui, on a fermé les portes…PELLÉAS : Nous ne pouvons plus rentrer ! – Entends-tu les verrous ! – Écoute ! écoute !… les grandeschaînes !… Il est trop tard, il est trop tard !…MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !PELLÉAS : Tu ?… Voilà, voilà !… Ce n’est plus nousqui le voulons !… Tout est perdu, tout est sauvé ! toutest sauvé ce soir ! – Viens ! viens… Mon coeur batcomme un fou jusqu’au fond de ma gorge… (Ill’enlace.) Écoute ! écoute ! mon coeur est sur le pointde m’étrangler… Viens ! Viens !… Ah ! qu’il fait beaudans les ténèbres !…MÉLISANDE : Il y a quelqu’un derrière nous !…PELLÉAS : Je ne vois personne…MÉLISANDE : J’ai entendu du bruit…PELLÉAS : Je n’entends que ton coeur dans l’obscurité…MÉLISANDE : J’ai entendu craquer les feuillesmortes…PELLÉAS : C’est le vent qui s’est tu tout à coup… Ilest tombé pendant que nous nous embrassions…MÉLISANDE : Comme nos ombres sont grandes cesoir !…PELLÉAS : Elles s’enlacent jusqu’au fond du jardin…Oh ! qu’elles s’embrassent loin de nous !… Regarde !Regarde !…MÉLISANDE, d’une voix étouffée : A-a-h ! – Il estderrière un arbre !PELLÉAS : Qui ?MÉLISANDE : Golaud !PELLÉAS : Golaud ? – où donc ? – je ne vois rien…MÉLISANDE : Là… au bout de nos ombres…PELLÉAS : Oui, oui ; je l’ai vu… Ne nous retournonspas brusquement…MÉLISANDE : Il a son épée…PELLÉAS : Je n’ai pas la mienne…MÉLISANDE : Il a vu que nous nous embrassions…PELLÉAS : Il ne sait pas que nous l’avons vu… Nebouge pas ; ne tourne pas la tête… Il se précipiterait… Ilrestera là tant qu’il croira que nous ne savons pas… Ilnous observe… Il est encore immobile… Va-t’en, va-t’entout de suite par ici… Je l’attendrai… Je l’arrêterai…MÉLISANDE : Non, non, non !…PELLÉAS : Va-t’en ! va-t’en ! Il a tout vu !… Il noustuera !…MÉLISANDE : Tant mieux ! tant mieux ! tant mieux !…PELLÉAS : Il vient ! il vient !… Ta bouche !… Tabouche !…MÉLISANDE : Oui !… oui !… oui !…Ils s’embrassent éperdument.PELLÉAS : Oh ! oh ! Toutes les étoile tombent !…MÉLISANDE : Sur moi aussi ! sur moi aussi !…PELLÉAS : Encore ! Encore !… donne ! donne !…MÉLISANDE : Toute ! toute ! toute !…Golaud se précipite sur eux l’épée à la main, etfrappe Pelléas, qui tombe au bord de la fontaine. Mélisandefuit épouvantée.MÉLISANDE, fuyant : Oh ! oh ! Je n’ai pas de courage!… Je n’ai pas de courage !…Golaud la poursuit à travers le bois, en silence.引用したけれど、まだ全部は読んでいません~。1892年出版という古い本なので、インターネットに戯曲の全文があります。パリ・オペラ座のものらしい短い予告動画もあります。映像も曲も歌声もなんと美しいのか。本物を聴いてみたい。眠るかもしれないけど ><オペラでフランス語学習したら、美しいフランス語の響きが身に付くかも。