Justement, au cours des deux albums, nous ne sommes jamais dans la tête de Lulu.
Vous avez préféré opter pour une narration extérieure puisque ce sont des
témoins qui racontent son aventure. Etait-ce trop difficile de se mettre dans la
peau d'une femme ?
C'était en tout cas quelque chose dont je me méfiais. Je n'aime pas les textes psychologisants, les longues tirades off à la première personne. En passant par ces deux narrateurs, son ami et sa fille, on découvre ce qu'ils savent, ce qu'ils supposent, ce qu'elle leur a dit ; on suit Lulu sans rentrer dans sa tête. Du coup, le lecteur a toute la place pour s'insérer entre l'auteur et les personnages. Ce que j'aime dans les romans de Manchette par exemple, c'est cette écriture comportementaliste qui, en ne se préoccupant jamais de la psychologie, permet au lecteur d'aller au plus près chaussure de marque tn des personnages.
Vous semblez beaucoup réfléchir à l'écriture, au point qu'à vous lire, on a l'impression que le dessin reste toujours soumis au récit.
Je me considère comme un narrateur, avec un outil qui est le dessin. Souvent on me dit chaussure de michael jackson la mode que je me fous du dessin, alors que j'adore dessiner, je le fais au moins dix heures par jour. Mais mon dessin est au service du récit, c'est une forme d'écriture. En bande dessinée, il n'est pas la finalité. Un dessin raté et à l'inverse, un dessin qui se montre trop, ont à mes yeux le même défaut : ils sortent le lecteur de l'histoire.
Très prosaïquement, la bande dessinée documentaire est un régal, mais ça me demande tellement de travail qu'à la sortie, je suis sur le flanc. Alors immanquablement, j'ai envie de me jeter dans la fiction, de raconter ce que je veux. Puis, après une fiction, j'ai envie de sortir de mon atelier, et je me retrouve dans le documentaire presque malgré moi. Il y a une sorte d'alternance naturelle. Que ce soit dans les reportages ou dans les fictions, je reste le même auteur, donc fatalement mes sujets restent les mêmes. Mais je ne cherche pas à lutter contre, d'autant que la bande dessinée les traite peu, or je crois qu'elle a la capacité de parler du monde réel.
On peut lire 'Lulu…' comme un manifeste contre cette "valeur travail" dont on nous parle tant. C'était l'objectif ?
Je raconte l'histoire de gens qui survivent hors du monde du travail, qui sont sortis de ce système. Evidemment, à l'heure où on est dirigé par quelqu'un qui nous dit qu'il faut travailler plus pour gagner plus, où le travail est érigé en chaussure grande taille 48 dogme absolu, ce n'est pas un hasard. 'Lulu…' imagine ce qui se passerait si l'on faisait un pas de côté au lieu de suivre le courant. Ca peut être dangereux chaussure grande taille 51 ou salvateur, mais il faudrait pouvoir le faire.
C'était en tout cas quelque chose dont je me méfiais. Je n'aime pas les textes psychologisants, les longues tirades off à la première personne. En passant par ces deux narrateurs, son ami et sa fille, on découvre ce qu'ils savent, ce qu'ils supposent, ce qu'elle leur a dit ; on suit Lulu sans rentrer dans sa tête. Du coup, le lecteur a toute la place pour s'insérer entre l'auteur et les personnages. Ce que j'aime dans les romans de Manchette par exemple, c'est cette écriture comportementaliste qui, en ne se préoccupant jamais de la psychologie, permet au lecteur d'aller au plus près chaussure de marque tn des personnages.
Vous semblez beaucoup réfléchir à l'écriture, au point qu'à vous lire, on a l'impression que le dessin reste toujours soumis au récit.
Je me considère comme un narrateur, avec un outil qui est le dessin. Souvent on me dit chaussure de michael jackson la mode que je me fous du dessin, alors que j'adore dessiner, je le fais au moins dix heures par jour. Mais mon dessin est au service du récit, c'est une forme d'écriture. En bande dessinée, il n'est pas la finalité. Un dessin raté et à l'inverse, un dessin qui se montre trop, ont à mes yeux le même défaut : ils sortent le lecteur de l'histoire.
Très prosaïquement, la bande dessinée documentaire est un régal, mais ça me demande tellement de travail qu'à la sortie, je suis sur le flanc. Alors immanquablement, j'ai envie de me jeter dans la fiction, de raconter ce que je veux. Puis, après une fiction, j'ai envie de sortir de mon atelier, et je me retrouve dans le documentaire presque malgré moi. Il y a une sorte d'alternance naturelle. Que ce soit dans les reportages ou dans les fictions, je reste le même auteur, donc fatalement mes sujets restent les mêmes. Mais je ne cherche pas à lutter contre, d'autant que la bande dessinée les traite peu, or je crois qu'elle a la capacité de parler du monde réel.
On peut lire 'Lulu…' comme un manifeste contre cette "valeur travail" dont on nous parle tant. C'était l'objectif ?
Je raconte l'histoire de gens qui survivent hors du monde du travail, qui sont sortis de ce système. Evidemment, à l'heure où on est dirigé par quelqu'un qui nous dit qu'il faut travailler plus pour gagner plus, où le travail est érigé en chaussure grande taille 48 dogme absolu, ce n'est pas un hasard. 'Lulu…' imagine ce qui se passerait si l'on faisait un pas de côté au lieu de suivre le courant. Ca peut être dangereux chaussure grande taille 51 ou salvateur, mais il faudrait pouvoir le faire.