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Alors les deux souverains offrent d'une seule voix, au prince de Butera, la place de ministre des finances. Sire, répondit le prince de Butera, je n'ai jamais administré que ma fortune, et je l'ai mangée, A ces mots, il tire sa révérence aux deux souverains qu'il vient de sauver, et se retire dans son palais de la marine, bien plus roi que le roi Ferdinand. Ce fut en 1818, trois ans après la Restauration de Naples, que l'abolition des majorats et des substitutions fut introduite en Sicile . cette introduction ruina à l'instant même tous les grands seigneurs sans enrichir leurs fermiers, les créanciers seuls y trouvèrent leur compte, Malheureusement ces créanciers étaient presque tous des juifs et des usuriers prêtant à cent et à cent cinquante pour cent à des hommes qui se seraient regardés, comme déshonorés de se mêler de leurs affaires, quelquesuns n'avaient jamais mis le pied dans leurs domaines et demeuraient sans cesse à Naples ou à Palerme, On demandait au prince de P où était située la terre dont il portait le nom.Mais je ne sais pas trop, réponditil . je crois que c'est entre Girgenti et Syracuse,C'était entre Messine et Catane, Avant l'introduction de la loi française, lorsqu'un baron sicilien mourait, son successeur, qui . n'était point forcé d'accepter l'héritage sous bénéfice d'inventaire, commençait par s'emparer de tout . polo lacoste pas cher puis il envoyait promener les créanciers. Les créanciers proposaient alors de se contenter des intérêts, la demande paraissait raisonnable, et on y accédait. Souvent, lorsque cette proposition était faite, les créanciers, grâce au taux énorme auquel l'argent avait été prêté, étaient déjà rentrés dans leur capital . tout ce qu'ils touchaient était donc un bénéfice clair et net, dont ils se contentaient CHAPITRE II MOEURS ET ANECDOTES SIC... 37 Page 41 Le Capitaine Arena, Volume 1 comme d'un excellent pisaller. t shirt lacoste polo Mais du moment où l'abolition des majorats et des substitutions eut introduite, les choses changèrent . les créanciers mirent la main sur les terres, les frères cadets, a leur tour, devinrent créanciers de leurs aînés, il fallut vendre pour opérer les partages, et du jour au lendemain il se trouva ensuite plus de vendeurs que d'acheteurs, il en résulta que le taux des terres tomba de quatrevingts pour cent . de plus, ces terres en souffrance, et sur lesquelles pesaient des procès, cessèrent d'être cultivées, et la Sicile, qui du superflu de ses douze millions d'habitants nourrissait autrefois l'Italie, ne récolta plus même assez de blé pour faire subsister les onze cent mille enfants qui lui restent. Il va sans dire que les impôts restèrent les mêmes. Aussi y atil dans le monde entier peu de pays aussi pauvres et aussi malheureux que la Sicile, De cette pauvreté, absence d'art, de littérature, de commerce, et par conséquent de civilisation. J'ai dit quelque part, je ne sais plus trop où, qu'en Sicile ce n'étaient point les aubergistes qui nourrissaient les voyageurs, mais bien au contraire les voyageurs qui nourrissaient les aubergistes. Cet axiome, qui au premier abord peut paraître paradoxal, est cependant l'exacte vérité .