Il fit entendre
un sifflement prolongé, leva le bras et, aussitôt, d’un même bond, toute
la phalange sauta sur le fleuve.Elle n’enfonça pas dans le
liquide.Mais, portée comme un radeau, entraînée par le courant, elle
glissait, avec des ondulations produites par les remous et en faisant du
soixante à l’heure…À la base du triangle des Mercuriens, dix monopèdes
étaient alignés perpendiculairement ; ils étaient agenouillés, ceux-là,
et ils plongeaient leurs bras, jusqu’au bout, dans le liquide jaune… Et
Paul, qui les voyait parfaitement, remarqua qu’ils modifiaient
l’inclinaison de leurs bras selon des sifflements divers lancés par le
chef dressé à la pointe du triangle…– Francisco ! dit Paul, avez-vous vu
comment ils font gouvernail ?…– Je vois, je vois, Señor !…Et l’Espagnol
écarquillait ses yeux ahuris, autant que le lui permettait l’intensité
de la lumière. timberland homme pas cher
Quand on fut arrivé, en diagonale, au centre du fleuve, les bras des
dix monopèdes sortirent du fleuve – et l’on fila dès lors en ligne
droite…Malgré les sollicitations faites à leur curiosité par le paysage
et les événements extraordinaires, Paul et Francisco ne perdaient pas de
vue Lola Mendès… Elle était toujours évanouie… Mais au moment où, sur
les rives, la forêt finissait pour faire place à une prairie d’herbes
rousses d’un côté et de l’autre aux premiers escarpements des montagnes
d’ardoise, Paul vit que Lola s’agitait sur les bras des porteurs…
Presque aussitôt, elle ouvrit les yeux.– Lola ! cria-t-il, ne vous
effrayez pas !…– Paul !– Ne vous effrayez pas, je vous en conjure, et ne
remuez pas !… Nous sommes prisonniers des Mercuriens… Ils nous
emportent je ne sais où, mais ils ne paraissent avoir aucune mauvaise
intention à notre égard…– Qu’est-il arrivé ?… Où est Francisco ?… Où
sont Bild et Brad ?– Señorita, je suis là !… dit l’Espagnol.Civrac, en
quelques mots, raconta la bataille et ses résultats ; il décrivit le
passage du sol sur le fleuve… Il achevait à peine de parler lorsque
Francisco cria :– La Roue Fulgurante ! la Roue Fulgurante !…– Bild et
Brad ! s’exclamait en même temps Paul de Civrac…Les Mercuriens aussi
avaient vu le phénomène aérien, car ils se mirent à siffler et à agiter
fébrilement trompes et bras. chaussures timberland homme
Et ce qui arriva aussitôt fut la chose vraiment la plus extraordinaire
de toute l’exorbitante aventure…Au milieu de la prairie rousse, Bild et
Brad couraient, poursuivis par une foule de Mercuriens… Au-dessus d’eux,
à une hauteur difficilement appréciable, la Roue Fulgurante tournait
dans, une direction parallèle au cours du Fleuve d’Or.Et soudain,
dominant les sifflements des monopèdes, un grondement retentit,
répercuté jusqu’à l’infini par les échos des éternels nuages verts.La
Roue Fulgurante atténua son éclat, et les captifs virent bondir vers la
roue, aspirés comme à Bogota, Bild et Brad enlacés, puis une vingtaine
de monopèdes gesticulants…Les corps volants disparurent dans une
fulguration de la Roue, et la Roue elle-même, avec l’éclat de mille
tonnerres, s’évanouit brusquement en pleins nuages. timberland femme pas cher
Cependant, rapide, le Fleuve d’Or entraînait vers l’inconnu les trois
captifs altérés, suants, aveuglés, sur les bras des Mercuriens
sifflants.TROISIÈME PARTIELES MERCURIENSCHAPITRE PREMIEROÙ DES SCÈNES
D’HORREUR ONT POUR DÉNOUEMENT UN ACCIDENT TERRIBLELa rapide glissade au
courant du Fleuve d’Or dura longtemps. L’intensité de la chaleur torride
et de l’éblouissante lumière avait abattu Paul de Civrac, Lola et
Francisco.