Aujourd'hui encore, il ne resterait à ceux qui avaient lecourage de dénoncer ses crimes passés, et de prédire ceux qu'ilméditait, que le nom de fous ou de factieux, s'il n'avait pris le soinde se dénoncer lui-même, et s'il n'avait voulu abuser trop brusquementde la crédulité, j'ai presque dit de la stupidité publique. Le peuplede Paris, qui le détestait depuis longtemps, quand on l'adoraitailleurs, et les fédérés des autres départements, aidés par La Fayettelui- même, renversèrent le monstrueux édifice de sa réputation et de safortune, qui ne tomba qu'avec le trône.Toutes les factions ont-elles été ensevelies sous ses ruines?L'égoïsme, l'ambition, l'ignorance, tous les préjugés et toutes lespassions ennemies de l'égalité, ont elles disparu avec La Fayette? Non,son esprit vit encore au milieu de nous; il a laissé des héritiers deson ambition et de ses intrigues. Et quels succès ne peuvent-ils pas sepromettre encore, avec un peuple aussi confiant, aussi léger quegénéreux, qui a longtemps encensé de si ridicules idoles? Que dis-je?Otez le mot de république, je ne vois rien de changé. Je vois partoutles mêmes vices, les mêmes cabales, les mêmes moyens, et surtout lacalomnie. Vous qui vous dis posez à me démentir, si vous êtes de bonnefoi, apprenez à vous défier de vous mêmes; songez que votre usage estd'apercevoir la vérité deux ans trop tard; songez qu'il est bien desintrigues funestes dont vous favorisiez le succès par voire nonchalanteincrédulité, et que j'ai dévoilées. Si vous êtes de mauvaise foi, jevous récuse; ce que je vais dire vous intéresse. vanessa bruno pas cher
Qui que vous soyez,qu'aurez-vous à répondre à des faits? Que direz vous, quand je vousaurai démontré qu'il existe une coalition _de patriotes vertueux, derépublicains austères_, qui perfectionne la criminelle politique de LaFayette et de ses alliés, comme ceux-ci avaient perfectionné celle desaristocrates déclarés. Je n'aurai pas même besoin de vous les nommer,vous les reconnaîtrez à leurs oeuvres.Que dis-je? Dans tout ce que je viens de dire jusqu'ici, n'avez-vouspas cru lire l'histoire des intrigants du jour? N'avez-vous pas reconnuleur tactique et leur langage?Après la révolution du 14 juillet, vous avez entendu les aristocratescrier à l'anarchie, parler de démagogues incendiaires; déploreréternellement le brûlement de quelques châteaux et la punition dequelques scélérats. Vous avez vu La Fayette et ses complices commenterensuite ce texte à leur manière et dans le même esprit.Que fait la faction nouvelle depuis la révolution du 10 août? Elle crieà l'anarchie, parle sans cesse d'un parti désorganisateur, dedémagogues forcenés, qui égarent et qui flattent le peuple. Brigandage,assassinats, conspirations, voilà toutes les idées dont elle entretientsans cesse les quatre-vingt trois départements. Seulement, au mot defactieux, usé par ses prédécesseurs, elle a substitué celuid'agitateurs, un peu moins trivial; car, elle sait, comme eux, quec'est avec des mots qu'on conduit les sots et les ignorants, Et à quiadresse-t-elle ces reproches? Aux aristocrates, aux émigrés, auxroyalistes? Non. sac vanessa bruno soldes Aux feuillants; aux modérés hypocrites, aux patriotesdont le zèle républicain remonte jusqu'au dix août? Non. Aux patriotesqui, depuis le commencement de la révolution, étrangers à toutes lesfactions, imperturbablement attachés à la cause publique, ont marchépar la même route au but unique de toute constitution libre, le règnede la justice et de l'égalité; à ceux qui se sont montrés dans larévolution du 10 août, et qui veulent qu'elle ait été faite pour lepeuple, et non pour une faction; enfin à ceux-là même qui furent lesobjets éternels des persécutions de La Fayette, de la cour et de tousleurs complices.Les aristocrates et les feuillants trouvaient toujours quelques motifspour méconnaître les droits du peuple, ou pour avilir son caractère.Les intrigants de la république les copient, en cela, avec uneexactitude servile. Comme leurs devanciers, ils déclament contre lepublic qui assiste aux séances de l'assemblée nationale. Ils n'ont pasdédaigné d'adopter les bons mots dos plus insolents détracteurs dupeuple. Comme eux, ils s'égaient sur _le souverain des tribunes_, sur_le souverain de la terrasse des feuillants_. sac vanessa bruno cuir
D'André et Mauri auraientle droit de poursuivre, comme plagiaires, tels journalistes, prétenduspatriotes, que leurs lecteurs peuvent reconnaître à ce trait.Les aristocrates et les feuillants osaient imputer aux amis de laliberté l'absurde projet de la loi agraire. Mais c'était en rougissant,et dans les ténèbres, qu'ils faisaient circuler cette calomnie. Lesintrigants de la république l'ont affichée sur les murs de Paris; ilsl'ont fait débiter à l'assemblée législative où ils dominaient, par unministre qui est leur créature, et c'est contre l'assemblée électoralemême du département de Paris qu'ils ont osé diriger cette absurdeinculpation, démentie par la notoriété publique et par l'indignationuniverselle. Il y a plus, lorsqu'immédiatement avant le décret del'abolition de la royauté, provoqué par un député de Paris, un autredéputé du même département, connu par les grands services qu'il arendus à la révolution, eut fait décréter que toutes les propriétésétaient sous la sauvegarde de la nation, n'a-t-on pas vu l'un desjournalistes et des coryphées de la coalition dont je parle, membreaussi de la convention nationale, imprimer le lendemain que cettemotion n'avait point été faite de bonne foi.Vous avez vu les aristocrates et les feuillants déclamer éternellementcontre Paris. Les intrigants de la république déclament éternellementcontre Paris, avec cette différence que, de la part des premiers, cen'était que des déclamations, et que, de la part des autres, c'est uneconspiration contre Paris et contre la république entière.