de Charlus, quelque dédain que son orgueil aristocratique eût pu lui
donner pour le « qu'en dira-t-on », comment un certain sentiment de
dignité personnelle et de respect de soi-même ne l'avait-il pas forcé à
refuser à sa sensualité certaines satisfactions dans lesquelles il
semble qu'on ne pourrait avoir comme excuse que la démence complète ?
Mais, chez lui comme chez Jupien, l'habitude de séparer la moralité de
tout un ordre d'actions (ce qui, du reste, doit arriver aussi dans
beaucoup de fonctions, quelquefois celle de juge, quelquefois celle
d'homme d'État et bien d'autres encore) devait être prise depuis si
longtemps qu'elle était allée, sans plus jamais demander son opinion au
sentiment moral, en s'aggravant de jour en jour, jusqu'à celui où ce
Prométhée consentant s'était fait clouer par la Force au Rocher de la
pure matière. Sans doute je sentais bien que c'était là un nouveau stade
de la maladie de M. de Charlus, laquelle depuis que je m'en étais
aperçu, et à en juger par les diverses étapes que j'avais eues sous les
yeux, avait poursuivi son évolution avec une vitesse croissante. polo lacoste pas cher
Le pauvre baron ne devait pas être maintenant fort éloigné du terme,
de la mort, si même celle-ci n'était pas précédée, selon les prédictions
et les vœux de Mme Verdurin, par un empoisonnement qui à son âge ne
pourrait d'ailleurs que hâter la mort. Pourtant j'ai peut-être
inexactement dit : Rocher de la pure matière. Dans cette pure matière il
est possible qu'un peu d'esprit surnageât encore. lacoste pas cher
Ce fou savait bien, malgré tout, qu'il était fou, qu'il était la proie
d'une folie dans ces moments-là, puisqu'il savait bien que celui qui le
battait n'était pas plus méchant que le petit garçon qui dans les jeux
de bataille est désigné au sort pour faire le « Prussien », et sur
lequel tout le monde se rue dans une ardeur de patriotisme vrai et de
haine feinte. La proie d'une folie où entrait tout de même un peu de la
personnalité de M. de Charlus. Survetement Lacoste
Même dans ses aberrations, la nature humaine (comme elle fait dans nos
amours, dans nos voyages) trahit encore le besoin de croyance par des
exigences de vérité. Françoise, quand je lui parlais d'une église de
Milan – ville où elle n'irait probablement jamais – ou de la cathédrale
de Reims – fût-ce même de celle d'Arras ! – qu'elle ne pourrait voir
puisqu'elles étaient plus ou moins détruites, enviait les riches qui
peuvent s'offrir le spectacle de pareils trésors, et s'écriait avec un
regret nostalgique : « Ah ! comme cela devait être beau ! », elle qui,
habitant Paris depuis tant d'années, n'avait jamais eu la curiosité
d'aller voir Notre-Dame. C'est que Notre-Dame faisait précisément partie
de Paris, de la ville où se déroulait la vie quotidienne de Françoise
et où, en conséquence, il était difficile à notre vieille servante –
comme il l'eût été à moi si l'étude de l'architecture n'avait pas
corrigé en moi sur certains points les instincts de Combray – de situer
les objets de ses songes.
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