プロデューサーの伊達浩太朗です。
フランスの「ルモンド」紙に『サウダーヂ』のロカルノ出品について報じられました。
(転載開始)
http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/08/15/locarno-redevient-un-grand-festival-de-cinema_1559767_3246.htmlLocarno redevient un grand festival de cinéma
| 15.08.11 | 17h02 • Mis à jour le 15.08.11 | 17h02
Locarno Envoyé spécial - La 64e édition du Festival du film de Locarno, qui s'est achevée samedi 13 août au soir après dix jours d'une heureuse effervescence, devra être marquée d'une pierre blanche. Elle concrétise à la fois le retour en grâce d'une manifestation qui se cherchait depuis quelques années et la réussite de son nouveau directeur artistique, Olivier Père, qui, après y avoir pris ses marques en 2010, confirme le bien-fondé de sa nomination. Né en 1971 à Marseille, cet élégant quadragénaire à l'éternel costume blanc est un cinéphile multicarte qui semble sorti d'une improbable coproduction entre Brian De Palma et Pascal Thomas.
Saisissante coïncidence
Formé à la Cinémathèque française, il avait déjà, de 2004 à 2009, transformé la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en séduisante machine de guerre. Le changement d'échelle imposé par Locarno, la spécificité de cette manifestation sur la carte festivalière, ne rendaient pourtant pas sa tâche aisée. Pris en sandwich entre les festivals de Cannes (mai) et de Venise (début septembre), deux aspirateurs qui nettoient à fond l'excellence cinématographique mondiale, tenaillé par les diverses aires d'influence culturelle de la Confédération helvétique, Locarno est un festival délicat à gérer.
La stratégie adoptée par le nouveau délégué artistique a été payante. Redonner du lustre aux sections non compétitives de la manifestation avec le retour des blockbusters hollywoodiens sur la Piazza Grande (Super 8, Cow-boy et Envahisseurs...), l'appel aux vedettes (Abel Ferrara, Harrison Ford, Daniel Craig, Gérard Depardieu, Isabelle Huppert, Claudia Cardinale...), et l'enchantement cinéphilique (intégrale Vincente Minelli, en présence d'exégètes aussi pointus que Jean Douchet, Jacques Rancière, Emmanuel Burdeau...).
Mais Locarno n'oublie pas que le coeur du cinéma bat avec le monde, comme en a témoigné la saisissante coïncidence entre le film d'extraterrestres Attack the Block de Joe Cornish et les émeutes londoniennes, ou Hashoter de Nadav Lapid et le mouvement de protestation sociale israélien. Plus explicitement, Tahrir, de Stefano Savona, documente la révolution égyptienne.
Il s'agissait enfin de réduire la voilure des sections compétitives (vingt films en compétition internationale, quatorze à Cinéastes du présent), en expurgeant les films désastreux qui, par le passé, n'y étaient que pour faire nombre. Cette cure d'amincissement est, certes, l'aveu d'une faiblesse d'un festival qui ne peut lutter en termes de prestige contre ses concurrents cannois et vénitien. Mais elle est aussi un signe de clairvoyance, dès lors qu'y sont désormais retenus les films sinon les plus aboutis, du moins les plus honorables et parfois les plus risqués.
Fin d'été Il n'y a, pour cette raison, pas grand-chose à redire au palmarès établi par le jury dirigé par l'impétueux producteur Paulo Branco. Deux bons films y tirent notamment leur épingle du jeu, en raflant chacun deux Léopards. Abrir puertas y ventanas ("Ouvrir portes et fenêtres"), premier long-métrage de l'Argentine Milagros Mumenthaler et coproduction suisse, repart avec le Léopard d'or et le prix d'interprétation féminine décerné à Marie Canale. Sous influence de sa compatriote Lucrecia Martel, ce film met en scène, dans la déliquescence d'une fin d'été à Buenos Aires, trois soeurs qui cohabitent tant bien que mal après la mort de leur grand-mère dans la solitude de la maison familiale.
Din dragoste cu cele mai bune intentii ("Les Meilleures Intentions"), deuxième long-métrage du Roumain Adrian Sitaru, empoche pour sa part le prix de la mise en scène et de l'interprétation masculine attribué à l'excellent Bogdan Dumitrache. Ce dernier incarne dans ce film à la folie douce et noire un névropathe qui, en tentant d'améliorer le sort de sa mère hospitalisée dans un hôpital de province, provoque beaucoup plus de dégâts que de bienfaits.
On n'en repart pas moins avec deux regrets. Le premier tient à la conviction que la sélection française, forte cette année de quatre films, méritait beaucoup mieux que la mention spéciale décernée au magnifique Un amour de jeunesse, de Mia Hansen-Love. Le deuxième est l'absence au palmarès d'une révélation : Saudade, du Japonais Katsuya Tomita.
Le film, d'une liberté et d'une vitalité peu communes, évoque la tension, sur fond de joutes hip-hop, entre jeunes autochtones et immigrés (Nippo-Brésiliens, Thaïlandais) dans une bourgade en proie à la crise économique. C'est le troisième long-métrage de cet auteur, créateur d'un collectif indépendant, qui autoproduit ses films en exerçant la profession de chauffeur routier. Avis aux distributeurs.
Jacques Mandelbaum
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